Faire payer les (très) riches

Publié le par DA Estérel 83

 

 

Cette annonce permet également de se rallier les bonnes grâces de ses concurrents de la gauche de la gauche qui l'accusent régulièrement d'être trop social-démocrate à leur goût. 

 

Est-ce parce que les derniers sondages indiquent un resserrement entre les deux favoris de la présidentielle et que François Hollande commence à sentir le souffle de Nicolas Sarkozy dans sa nuque qu'il a décidé de donner un signal fort en annonçant une taxation de 75% au-delà d'un million d'euros de revenus? 

A-t-il réalisé un simple «coup médiatique» comme l'en accuse Marine Le Pen? Ou est-il tombé dans la course aux promesses dans laquelle cherche à l'entraîner son adversaire comme le dit François Bayrou accusant les deux de faire «fonctionner le déconomètre à plein tube»? En tout cas, et alors que depuis quelques jours les observateurs expliquaient que la campagne du socialiste ronronnait, l'annonce de lundi soir lui a permis de reprendre la main. 

D'abord en imposant son rythme et ses choix au sein de son propre parti. Ce qu'il a explicité en répondant à ceux qui semblaient découvrir cette proposition (à commencer par Jérôme Cahuzac, pourtant le Monsieur Finances du PS...) que c'était lui le candidat. Ce qui, par parenthèse, clouera le bec à ceux qui s'inquiètent de la capacité qu'aurait Hollande à trancher, à décider. 

Cette annonce permet également de se rallier les bonnes grâces de ses concurrents de la gauche de la gauche qui l'accusent régulièrement d'être trop social-démocrate à leur goût. Elle aura surtout permis de faire sortir la sarkozie du bois. Et de passer au révélateur le vrai visage de ceux qui la veille encore en avaient plein la bouche à chanter les louanges de leur champion, seul et authentique «candidat du peuple» contre les«élites»

A entendre hier Christian Jacob dénoncer «la marxisation du PS», Luc Chatel lancer qu'«Hollande veut moins de riches» et Sarkozy «moins de pauvres», Bernard Accoyer s'indigner que François Hollande veuille «chasser de France les quelques riches qui peuvent y rester», on se disait que tout cela avait des airs de printemps 81 quand les Giscardiens prédisaient l'entrée des chars russes à Paris... Un lamento auquel n'aura même pas manqué la voix de Bernard Tapie. 

Ce grand défenseur des plus humbles n'a pas hésité à faire la morale à François Hollande en citant le proverbe chinois qui veut que «quand on fait maigrir les gros, on fait mourir les maigres»! Nicolas Sarkozy, nouveau petit père du peuple autoproclamé, se serait sans aucun doute passé d'une telle unanimité, d'une pareille effusion. Comment en effet dénoncer l'effort fiscal demandé aux plus fortunés - effort plus symbolique, pédagogique que réellement douloureux puisqu'il ne rapporterait que 250 millions...-et justifier dans le même temps que tous les citoyens y compris les Français les plus pauvres avalent sans broncher la purge de la TVA «anti-délocalisation»? Comment demander un effort à tous quand une minorité en serait dispensée? Après le piège posé lundi soir par le candidat socialiste, qui dira encore que c'est un «mou» et un «gentil»?

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Publié dans HOLLANDE

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