Fabius : des primaires oui… mais entre candidats sérieux
Pauline Baron 04/10/2010
Pour ravir l’Elysée à l’UMP, le PS ne laissera rien au hasard… surtout pas les primaires. Si ces élections internes auront bien lieu pour offrir toute la légitimité nécessaire au candidat socialiste, celles-ci devront cependant désigner le meilleur présidentiable possible. Les autres postulants restant ainsi cantonnés au rôle de figurant.« Il y a d’un côté le système des primaires qui a été décidé (…), c’est-à-dire qu’il peut y avoir une diversité de candidats », a affirmé ce matin sur France Inter, Laurent Fabius. « Mais de l’autre, il faut faire en sorte que l’on gagne, et pour cela il faut qu’il y ait une unité et que l’on sélectionne un candidat qui puisse gagner », a revendiqué le député de Seine-Maritime. Ce dernier plaide donc pour l’organisation de « primaires de confirmation » - appellation créée en mars dernier par Fabius - plutôt pour que des élections totalement « libres ».
Et là, les jeux seraient déjà faits à en croire l’ex-premier ministre de François Mitterrand. Seuls« deux de ses amis » seraient aujourd’hui aptes à guider les socialistes sur le chemin du palais présidentiel : Martine Aubry, première secrétaire du PS, et Dominique Strauss-Khan, à la tête du FMI. Quid des autres ? « Je ne veux pas être désagréable pour d’autres aspirants leaders », a préféré s’excuser par avance Laurent Fabius.
Mais s’ils sont « en position de gagner », seront-ils les meilleurs pour porter et défendre le programme socialiste ? Pas sûr si l’on s’attache à la position de DSK concernant la réforme des retraites. Le directeur du FMI ne serait pas en effet un farouche partisan du retour de la retraite à 60 ans. Une revendication défendue corps et âme par son parti d’attache et que ce dernier compte bien mettre en œuvre s’il conquière le pouvoir en 2012. Ce matin, Laurent Fabius a préféré contourner le problème : « on ne peut pas faire parler DSK dans un sens ou dans un autre, a-t-il dit, tempérant les affirmations de Patrick Cohen, le thème central (ndlr, de la campagne présidentielle), ce sera comment faire en sorte que les retraites soient financées durablement et de manière équitable » et non celui des 60 ans.
Laurent Fabius a également tracé la ligne de conduite socialiste à l’égard des médias, évoquant, sans le nommer directement le cas de l'éventuel rachat du Parisien par Dassault. « Il faut des grands groupes de presse, comme ça existe à l’étranger, et il faut éviter qu’il ait confusion des intérêts –avec des groupes économiques- dans l’intérêt de la liberté des journalistes », a-t-il détaillé, défendant en définitif « des médias puissants et libres ».
Finalement, la seule information nouvelle de cette matinale peut se résumer en une phrase : Laurent Fabius a toujours une langue de plomb et il défend encore le pacte DSK-Aubry-Fabius destiné à faire des primaires une élection bidon, pacte que Patrick Cohen a eu la « délicatesse » de ne pas évoquer dans ses questions ce matin.