Espionnage/Le Monde: Hamon dénonce une «affaire d'Etat»
Brèves
«Nous n'allons pas lâcher cette affaire si vite que ça»: d'entrée, Benoît Hamon a donné le ton lundi lors de son point de presse hebdomadaire. Il y a vivement dénoncél'espionnage du journaliste du Monde, Gérard Davet, l'an dernier, dans le cadre de ses investigations sur l'affaire Bettencourt, révélé par le quotidien la semaine dernière.
«Dans n'importe quelle démocratie occidentale, cette affaire serait à la une de l'actualité, a expliqué le porte-parole du PS. Si Nicolas Sarkozy a demandé au ministre de l'intérieur et à Claude Guéant qui est son émissaire dans un certain nombre de dossiers où l'on trouve ses complices classiques Brice Hortefeux et M. Takieddine, (...) c'est une affaire d'Etat. Et si l'instruction va jusqu'au bout, elle appellera une conséquence évidente: c'est que le ministre de l'intérieur (Claude Guéant, à l'époque secrétaire général de l'Elysée) démissionne et qu'on se retourne vers le président de la République pour qu'il s'en explique.»
«Sans doute d'autres dans le passé avaient fait les mêmes erreurs», a reconnu Benoît Hamon, en référence aux écoutes illégales sous François Mitterrand. Avant d'ajouter: «C'est justement parce que ces erreurs ont pu être faites ou que ces fautes ont pu être commises qu'il est encore plus inacceptable que ceux qui font voter les lois pour protéger les sources des journalistes soient les premiers à les violer pour se protéger eux-mêmes.»