Encore un caillou dans la chaussure

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Cette fois-ci ce n'est plus une rumeur, plus une de ces indiscrétions dont se régalent les lecteurs du «Canard Enchaîné»: les jours de l'ambassadrice de France à l'Unesco sont désormais comptés. Sans doute - et même si l'institution internationale mérite considération - cette éviction serait-elle passée totalement inaperçue si la titulaire du poste n'était une certaine Rama Yade. 

Que reproche-t-on à la jeune, belle et brillante franco-sénégalaise, ex-figure emblématique du sarkozysme ? C'est la députée Valérie Rosso-Debord, membre de la direction de l'UMP, qui a été chargée de traduire en termes choisis le gros coup de colère de l'Elysée: «c'est une fonction qui nécessite du tact et de la mesure. Elle est passée au-delà. La meilleure solution serait qu'elle démissionne». Se rendrait-on compte aujourd'hui que Rama Yade a la langue bien pendue ? A-t-on oublié les sorties au vitriol et fort peu diplomatiques de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme au moment des JO de Pékin ou lors de la visite de Kadhafi à Paris ? Evidemment non. 

Mais ce qui amusait hier - et ceci d'autant plus que cela embêtait le ministre Kouchner... - est devenu insupportable aujourd'hui. Proprement inadmissible au moment où le candidat Sarkozy pointe à nouveau sous le Président. C'est que le moment n'est plus à faire scintiller les symboles de diversité ou d'ouverture mais à serrer les boulons. A l'heure du retour des bons vieux godillots mode RPR, pas question de supporter qu'on vienne, même avec d'élégants escarpins, piétiner les allées de la nouvelle stratégie de reconquête de l'opinion.

D'autant plus insupportable que l'Elysée avait estimé qu'il pouvait espérer plus de reconnaissance de quelqu'un qui, certes avait été éloigné du saint des saints, mais à qui on avait offert un beau parachute pour solde de tous comptes. Et voilà que la dame mord la main qui l'a nourrie ? Qu'elle rejoint Borloo ? Qu'elle fonde un club de réflexion «Allons z'enfants» qui se réunit - quels symboles - à la Bastille et en plus un 21 avril ? Qu'elle ose lancer un «SOS Démocratie confisquée» pour demander de rendre «la République aux Français» ? 

Evidemment intolérable pour l'Elysée qui ne peut se permettre de laisser impunie pareil esprit d'indépendance et semblable ingratitude. Surtout au moment où tout est mis en oeuvre pour ramener Borloo, son nouveau mentor, à plus de sens de la discipline majoritaire. Le problème c'est qu'en démissionnant Rama Yade, l'Elysée prend, non seulement le risque d'en faire une victime aux yeux d'une opinion qui continue à l'apprécier mais que cela renforce encore la pugnacité de l'ex-secrétaire d'Etat. Ses déclarations d'hier, mélange d'ironie mordante et de froide colère laissent en tout cas moins présager un armistice qu'une volonté de revanche.

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Publié dans Politique

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