En Syrie, on égorge les enfants
Je ne sais pas à quoi doit penser Nicolas Sarkozy, à l'écoute des nouvelles de Syrie. La répression y est toujours féroce. Je sais bien que notre Monarque doit être intérieurement tétanisé par le comportement de Bachar el-Assad. Le boucher syrien a été reçu à l'Elysée. Nicolas Sarkozy en avait fait son invité d'honneur pour les cérémonies du 14 juillet 2008. Un an plus tard, il s'était à nouveau réclamé de son soutien pendant l'épisode Clotilde Reiss. A tort puisqu'on apprit de Wikileaks que Bachar el-Assad n'avait rien fait.
Mais Nicolas Sarkozy voulait soigner son nouvel allié syrien.
L'ampleur des saloperies commises par les forces loyales à Bachar el-Assad devrait rappeler cette évidence: s'acoquiner avec des vilains ne sert à rien. Les peuples ne seront pas plus facilement libérés si l'on reçoit leur dictateur avec les plus grands honneurs. Cette démarche est inutile. On y perd son honneur pour rien.
La situation syrienne est intenable pour la morale. L'Occident n'attaquera pas puisque la région pourrait être déstabilisée. La Syrie jouxte le Liban, Israël, l'Irak et l'Iran. Une pétaudière qui autorise donc tous les excès.
En Syrie, les forces loyalistes égorgent des enfants.
"A 16 h 30, Abou Bilal, un opposant syrien me fait part de l'appel téléphonique qu'il vient de recevoir : un massacre a eu lieu dans le quartier de Nasihine. On parle de 12 personnes dont plusieurs enfants exécutés dans leur maison. Je viens tout juste de rentrer après une journée éprouvante dans une petite structure médicale de fortune installée dans un quartier contrôlé par l'opposition, débordée par l'afflux de blessés graves et de morts, tous civils, victimes des snipers loyalistes et de bombardements. Une heure et demi après la nouvelle du massacre, à 18 heures, une première vidéo est mise en ligne sur YouTube qui montre les corps de la famille assassinée."
Source: Le Monde du 28 janvier 2012