En Guyane, Hollande sort ses tripes plutôt que le triple A

Publié le par DA Estérel 83

Libé

 

 

Après deux journées de visite aseptisée aux Antilles, le candidat socialiste a desserré la cravate pour une visite dans un quartier populaire de Cayenne.

 

De la musique, des tenues chamarrées, un peu de chaleur humaine et un discours qui vient des tripes: il aura fallu 36 heures à François Hollande avant d'être dans le bain et dans le ton. Après deux journées de visite aseptisée en Guadeloupe et en Martinique pour cause de triple A, le candidat socialiste s'est offert une brève séance de rattrapage lundi soir en Guyane, dans un quartier populaire de Cayenne.

Dans un décor de petites barres HLM délabrées par le temps, le soleil et la pluie, la chorale Musanda, composée de descendants d'esclaves, attend Hollande sous un auvent en chantant «Bienvenue, honneur à la Guyane. Oui bienvenue, honneur a nou péï» sur un beau rythme lent.

Le cortège arrive, les portes claquent. Le candidat écoute l'hymne de bienvenue et prend le micro. Passé le petit effet de larsen, il assure une fois de plus qu'il n'est «pas venu pour faire des promesses -parce que là vous avez été abondamment servis depuis des années». Lui est là pour leur dire:«nous allons travailler ensemble pour changer: les inégalités, la précarité». On est dans un quartier où règne l'insécurité et où la droite locale avait promis un commissariat. «Tatie Odette» l'interpelle sur cette «peur»«Il faut lutter pour la sécurité, l'égalité et la dignité», répond Hollande, qui annonce que les moyens de police «seront mis là où ils sont attendus».

Au contact

Dans ce département d'outre-mer où l'abstention atteint des records et où la gauche n'est pas majoritaire, il fait campagne. «Votez! Le 22 avril, votez! Pour faire en sorte que cela change, qu'on change de président, de politique d'avenir. Je souhaite beaucoup d'encouragements à ce quartier. Je ne l'oublierais pas ce quartier, je le vois, je le regarde, je vois des visages, je vous y souhaite la meilleure vie possible. La Guyane a plein de ressources mais la plus belle de ses ressources, ce sont les hommes et les femmes qui y vivent». Succès assuré parmi la petite centaine de personnes qui écoutent, habitants du quartiers, jeunes qui jouent aux cartes et militants du Parti socialiste guyanais, tous vêtus de t-shirts jaune canari.

«Vous n'aurez pas besoin d'attendre dix ans avant de me revoir: nous aurons fait tout ce qu'il faut avant», assure Hollande en guise de conclusion. Il ne va pas visiter les logements sociaux ou les maisonnettes en accession à la propriété qui viennent de sortir de terre. Le candidat reste une petite demi-heure en tout mais va au contact, ce qu'il sait le mieux faire et dont il s'est privé depuis son arrivée aux Antilles. Les journaux ont bouclé, les télés n'ont plus de direct, il est tard en métropole. «On ne savait pas qu'il y aurait cet accueil», feint de s'étonner Bruno Le Roux, porte-parole de campagne. Qui justifie la prudence observée pendant le reste du voyage. Si, comme c'était prévu au départ, Hollande était allé rencontrer l'association carnavalesque de Guadeloupe, «Copé et Jacob auraient sorti des communiqués au kilomètre et le programme de Hollande serait devenu: un billet pour le carnaval».

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Publié dans HOLLANDE

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