En campagne à Carcasspnne, SARKOZY n'attire pas le badaud
Mais la télé montre tout de même quelques fans chaleureux
Une visite officielle de Nicolas Sarkozy est-elle nécessairement synonyme de bains de foule et d'accueil populaire massif ? A en croireL'indépendant, lequotidien régional de l'Aude, les sympathisants UMP venus accueillir le président à Carcassonne hier, mardi 25 octobre,"se comptaient sur les doigts de la main". Ce n'est pourtant pas ce que laissait deviner le reportage diffusé au 20 heures de France 2 : on pouvait voir le président discuter avec de "vrais gens", venus spontanément le voir. Spontanés, mais pas nombreux, ce que la chaîne n'a pas souligné.
Ce mardi, aux abords du stade Domec de Carcassonne,"ils étaient quatre sympathisants réunis au même coin de rue"pour accueillir le président en visite pour parler de l'hôpital public,rapporte L'Indépendant(relayésur Twitterpar le journaliste du Monde.fr Samuel Laurent ). "Ce devait être "le" spot pour apercevoir le président de la République, hier, aux abords du stade Domec. Nicolas Sarkozy était attendu à 12 h 30 à la structure réceptive où se tenait une table ronde, raconte le quotidien régional. La foule serait-elle au rendez-vous pour apercevoir le cortège officiel, voire le chef de l'Etat à travers une vitre baissée ? Force est de constater que les policiers et CRS, déployés massivement sur le site, n'ont pas eu à contenir le flot des badauds."
Les fans du président n'auraient-ils été que quatre à Carcassonne ? Pas tout à fait, heureusement pour lui. Outre ces badauds, venus"juste pour le voir"en coup de vent, il y avait tout de même 1200 invités à la table ronde à laquelle a participé Sarkozy, tous "acquis à la cause du président" souligneun autre articlede L'Indépendant. Le journal précise qu'ils avaient été recrutés sur invitation : l'assemblée se composait de militants UMP, mais aussi de personnel des hôpitaux, qui, même si l'UMP locale dément toute intervention dans les invitations, frappaient de concert dans leur main, certains scandant "Nicolas, Nicolas, Nicolas..."Une rencontre donc peu spontanée, avec des invités attentifs et triés sur le volet.
| Pourtant, l'image renvoyée par le JT de France 2 est bien différente. Le reportage montre bien la sage assistance de la table ronde, mais insiste surtout sur le passage du président sur le chantier du futur hôpital de Montredon, non loin de Carcassonne. Et là, c'est l'image d'un président proche du peuple qui domine: les ouvriers se prennent en photo avec leur invité tout sourire, qui saisit ensuite le téléphone qu'une femme lui tend pour discuter avec une certaine Lydia", la félicitant de son "joli accent chantant". Commentaire de France 2 : "Abandonnées, les barrières qui le séparent habituellement des badauds". Regardez | |
Ce que le reportage ne dit pas, c'est que ces badauds, là non plus, n'étaient pas très nombreux. Selon Estelle Devic, la journaliste deL'Indépendant qui a couvert la visite du chantier, contactée par @si, seuls une trentaine de sympathisants avaient fait le déplacement pour voir le président. Ils ont en effet eu le droit de passer saluer Nicolas Sarkozy, mais ils n'ont donc pas eu besoin de se bousculer pour bénéficier de cet honneur.
A ce propos,l'édito de L'Indépendant ironise:"Il suffira de voir, à la télé, quelques images de mains serrées et l'illusion d'une table ronde publique pour que l'opinion ait l'impression que le président, en ce mardi ensoleillé, est allé, en province, à la rencontre des vrais gens." C'est en effet l'impression que le télespectateur du 20 heures pouvait avoir hier soir. Pourtant, le candidat, mais surtout président Sarkozy n'a pas opté pour une visite de campagne réellement "populaire", peut-être parce que, historiquement, la région n'est pas un terreau propice à la droite. Comme l'explique à @si Fabien Arnaud, autre journaliste ayant couvert le déplacement pour le quotidien, l'Elysée n'avait pas forcé sur l'organisation : aucun cortège ni bain de foule n'étaient prévus, et la voiture présidentielle n'a pas traversé Carcassonne, préférant emprunter les rocades. Une mise en scène bien différente de celle qui avait été orchestrée dans la Creuse il y a quelques jours, où le président avait commandé sa tournée dans un petit café au milieu des habitués (maisavait oubliéde la payer).
(Noëmie Le Goff)