Elle fait déjà trembler
Si les militants du Front national réunis ce week-end en congrès à Tours ont encore quelque doute sur le fait de savoir qui de Marine Le Pen ou de Bruno Gollnisch succédera à Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, un sondage de CSA pour Mariannepublié hier vient lever tout suspense. La «fille du chef» y apparaît en effet comme étant d'ores et déjà celle qui lors de la prochaine présidentielle apparaît aux yeux de l'ensemble des Français comme la «troisième homme» du premier tour de la Présidentielle!
Et ceci dans tous les cas de figure. Que le candidat socialiste soit DSK ou Martine Aubry. D'autres chiffres ont de quoi conforter les ambitions de Marine Le Pen. Elle qui rêve tout haut non pas seulement d'imiter son père en rejouant la surprise du 21 avril mais carrément «d'un 5 mai à l'envers», sera flattée de savoir que 71% des Français la trouvent «courageuse», 32% «moderne» et 42% proche des préoccupations des gens.
Autre motif pour Marine Le Pen de se voir déjà au second tour: à même horizon de l'échéance du scrutin, elle possède des intentions de vote relativement supérieures à celle de son père... Et si tout cela ne suffisait pas à lui donner confiance Marine Le Pen pourrait puiser dans l'inquiétude qu'elle fait monter ces derniers jours aussi bien dans les rangs socialistes que dans ceux de l'UMP.
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon alerte les 46% de Français qui disent être «souvent d'accord» avec Marine Le Pen: «je dis danger car elle a des habits qui laisseraient à penser qu'elle n'est pas d'extrême droite»! Si l'angle d'attaque est le même pour Nadine Morano, la ministre chargée de l'apprentissage - «on change de prénom mais ça ne sera pas du Le Pen light» - l'inquiétude est encore plus grande dans ce camp.
L'UMP vient en effet de découvrir dans un autre sondage que le cordon sanitaire mis en place par Jacques Chirac était en train de rompre. La porosité entre sympathisants UMP et FN conduit 39% des premiers à envisager sans état d'âme une possible alliance de gouvernement dès lors que Marine Le Pen prendrait la tête du parti... Ainsi, alors que Nicolas Sarkozy croyait siphonner les voix du FN - voir son discours de Grenoble - ce sont les idées du Front national qui sont en train de faire leur chemin au coeur même de la droite.
Si on ajoute à cela que certains élus UMP ne se cachent plus pour envisager des alliances aux prochaines élections cantonales, on comprend qu'à l'Elysée on cherche à verrouiller toute velléité de candidatures «sauvages» à droite pour 2012. Nicolas Sarkozy sait bien ce que pourrait lui coûter une multiplicité des candidatures dans son propre camp. Surtout si c'est Dominique Strauss-Kahn qui, comme les sondages le prédisent aujourd'hui, arrive largement en tête au premier tour.