DSK s'est confié et s'est barré
Le quart d'heure télévisé de Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir devant Claire Chazal sur TF1 fut éprouvant et surréaliste.
1. Dans la première partie de son intervention, l'homme s'est d'abord bien défendu. "J'ai toujours clamé mon innocence." Il a brandi plusieurs fois une page, censée incarner le rapport du procureur. Il a donné sa vérité : "Ce qui s'est passé ne comprend ni violence, ni contrainte, ni aucun acte délictueux." Il récuse les accusations de viol et pointe très vite sur sa version des faits: Nafissato Dialo aurait fait cela pour des motivations financières. Il a confié sa peur : "j'ai eu peur. J'ai eu très peur. Quand vous êtes pris dans les mâchoires de cette machine, vous avez le sentiment d'être broyé. "
2. DSK n'a pas dit ce qui s'était passé dans cette suite 2806 du Sofitel de New-York. Pas une phrase, rien. Il s'est abrité derrière le rapport du procureur new-yorkais: "J'ai commis une faute morale".
3. DSK a abandonné toute ambition politique... pour le moment: "Je ne suis candidat à rien". DSK a confirmé qu'il voulait être candidat à la présidentielle."J'ai manqué mon rendez-vous avec les Français".
4. DSK a menacé. Il a visé indirectement le groupe Accor, propriétaire du Sofitel, l'Elysée, les officines de l'UMP. Gare à vous. L'homme n'est pas content. "Un piège, c'est possible, un complot ? Nous verrons". L'hebdomadaire l'Express en prend aussi pour son grade. Il avait publié un rapport affiché médical (relayé sur ce blog). DSK s'énerve en citant "ce tabloid qu'est devenu L'Express".
5. DSK soutient François Hollande. Il ne l'a pas dit. Mais comment interprété son "baiser de l'araignée" ? Quelques jours après la prise de distance de Martine Aubry vis-à-vis de lui, DSK a déclaré que "Martine est amie, (...) Pendant toute cette période, elle a été très présente et j'ai été sensible à cette présence."
6. Quand il s'expliqua sur l'étalage de fric
Après une quinzaine de minutes, Claire Chazal enchaîna sur un autre sujet. "La victoire de la gauche est nécessaire dans notre pays. (...) Mais je ne crois pas que ce soit mon rôle." En quelques secondes, on passe d'une pipe au Sofitel à la crise de la dette, sans transition.