DSK reconnaît une «faute morale»
La rédaction de Médiapart
Aucun crime. Aucun rapport sexuel tarifé. Dimanche soir, au JT de TF1, Dominique Strauss-Kahn n'a reconnu qu'une «faute morale», alors que Claire Chazal lui demandait sa vérité sur l'affaire Nafissatou Diallo, cette femme de ménage new yorkaise qui avait déposé une plainte contre lui pour tentative de viol -classée sans suite. «Ce qui s'est passé ne comprend ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux, c'est le procureur qui l'a dit», a assuré l'ancien patron du FMI.
S'appuyant sur le rapport de ce dernier, qu'il a brandi sur le plateau, DSK a déclaré: «Il ne m'accuse en rien de traces de griffures ou de blessures. Ce tabloïd qu'est devenu L'Express a voulu présenter comme rapport médical ce qui n'était que la fiche d'entrée à l'hôpital. Il n'y a rien dans le rapport».
«On a dit beaucoup de choses fausses, que j'avais voulu fuir, alors que mon billet pour l'Europe avait été pris depuis des jours, alors que je suis allé déjeuner avec ma fille», a-t-il ajouté. «Le rapport du procureur dit quoi? Ce ne sont pas mes avocats qui le disent, ce n'est pas moi. Le procureur dit que Naffisatou Diallo a menti sur tout, qu'elle a présenté tellement de versions différentes qu'(il)ne peut plus en croire un mot». Et d'asséner, alors que Claire Chazal lui demande si les charges ont été abandonnées faute de preuves et s'il reste un doute: «Non, (...) c'est la même chose que le non lieu à la française.»
Visiblement, DSK croit la thèse d'un piège «possible» («La poursuite au civil montre bien les motivations financières qui sont derrière tout cela»), et n'exclut pas même un complot: «Nous verrons...» A demi mots, il a semblé viser les dirigeants du groupe Accor, propriétaire du Sofitel de New York: «Il y a des zones d'ombre. A la page 12, le procureur dit que des informations ont été données à Kenneth Thompson (l'avocat de Naffisatou Diallo)sur les circulations dans l'hôtel (plutôt qu'au procureur).Quelqu'un a bien dû les donner. Je voudrais savoir pourquoi on a choisi d'aider celle qui m'accusait.» En tout cas, au civil, DSK dit n'avoir aucune «intention de négocier».
Sur l'affaire Tristane Banon, dans laquelle il est accusé de tentative de viol, l'ancien ministre a aussi déclaré qu'il n'y avait «aucun acte d'agression, aucune violence», accusant la jeune femme d'avoir tout inventé et rappelant sa propre plainte pour dénonciation calomnieuse.
Enfin, questionné sur son avenir politique et la primaire du parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn (qui a confirmé au passage qu'il avait eu le projet de se présenter à la présidentielle) a refusé de«s'immiscer», tout en affichant son amitié pour Martine Aubry, seule des six candidats en lice qu'il ait citée.
Cet entretien s'est déroulé alors qu'une cinquantaine de féministes manifestaient devant le siège de TF1. A son arrivée, les manifestants avaient scandé: «DSK honte à toi» et «TF1 complice».