DSK, Guérini, deux affaires qui plombent la rentrée du PS
Sale temps pour les socialistes. A l’heure même où débute vraiment la campagne de la primaire, il leur faut faire face à deux affaires qui ont toutes les chances de leur nuire durablement.
Comme si leur incapacité à se mettre au diapason sur la crise ou, du moins, leurs difficultés à avancer des idées farouchement originales et efficaces pour lui faire face, ne suffisaient pas. Voilà qu’en cette rentrée politique, à quelques jours seulement du grand raout de La Rochelle, au moment même où la campagne de la primaire débute véritablement, les dirigeants du PS doivent conjuguer avec deux dossiers, deux os dont ils ont déjà et auront encore bien du mal à se défaire…
Premier de ces os : l’inévitable affaire DSK. Comme à chaque rebondissement, les candidats à la primaire socialiste se voient interrogés sur le sujet. Ce fut le cas à l’entrée de l’été, lorsque leNew York Times révélait que le témoignage de Nafissatou Diallo n’était peut-être pas aussi fiable qu’on nous l’avait dit. Certains parmi les responsables socialistes n’hésitaient pas à embrayer, un peu trop vite d’ailleurs, sur un possible retour dans la course à la présidentielle de l’homme providentiel, révélant ainsi aux Français ce terrible remords DSK qui hantait les rangs socialistes. Et c’est une nouvelle fois le cas aujourd’hui que l’on apprend une suspension des charges contre l’ex-patron du FMI. Les voilà encore, tous autant qu’ils sont, sommés de commenter le possible abandon des poursuites au pénal, de « donner leur sentiment » (comme on dit à la télé et à la radio) sur la nouvelle tournure que prend l’affaire et, même, d’imaginer déjà qu’elle pourrait être la place de DSK dans la primaire et la campagne présidentielle !
Après l’heure du fambloyant Monsieur Strauss-Kahn (en tout cas dans les sondages), voici venu plus que jamais le temps de l’embarrassant Dominique. Hier, avant que le procureur ne demande la levée des charges, François Hollande a ainsi été longuement soumis à la question sur Inter. Tout comme Martine Aubry au JT de TF1 et Arnaud Montebourg sur Europe 1. Au point de finir par agacer, à très juste titre, le député de Saône-et-Loire relancé par Thierry Guerrier à pas moins de six reprises sur le sujet : « Je défends des propositions sur une campagne et vous me parlez d’un fait-divers mondial. C’est très difficile, dans toutes les radios, à chaque fois que nous nous déplaçons pour discuter de l’avenir de la France, de discuter d’un fait-divers. »
L’autre affaire qui va coller aux basques des socialistes concerne Jean-Noël Guérini. Depuis quelques jours, c’est officiel : le sénateur et président socialiste des Bouches-du-Rhône va être entendu par un duo de juge d’instruction marseillais dans le cadre de l’enquête sur les fraudes présumées aux marchés publics dans le département. Rien ne dit ce qu’il en ressortira, mais il n’empêche sa convocation intervient au pire moment : le 8 septembre prochain, soit un mois avant le premier tour de la primaire et une semaine seulement avant le premier débat télévisé qui opposera les six candidats…
Mais si les affres de Guérini avec la justice nuisent et nuieront à l’image du PS dans son ensemble, il en est deux surtout, parmi les candidats, qui vont être mis à mal plus que les autres. François Hollande d’abord, qui sera soupçonné d’avoir fermé les yeux sur le « système Guérini » au cours des quelques dix années qu’il a passé à la tête de Solfé. Martine Aubry, ensuite, qui se verra désignée comme celle qui n’a pas voulu faire le ménage dans la maison socialiste marseillaise alors même qu’elle avait été interpellée par Arnaud Montebourg. Il sera question notamment de l'incroyable clémence du rapport de la commission d'enquête du PS sur la Fédération des Bouches-du-Rhône à l’égard de Guérini (qui a échappé à la mise sous tutelle de sa fédération) et de son extrême rudesse avec Montebourg. Si les Français ont eu droit à un sale été, les socialistes, eux, ont droit à un très très sale temps pour leur rentrée.
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