Droite méprisante, gauche absente: qui entend les Français?

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1  Maurice Szafran 18/10/2010

 

Dans les jours qui viennent, Nicolas Sarkozy et son gouvernement parviendront à faire voter par le Sénat la loi réformant les retraites. La victoire du mépris, alors que le gouvernement fait preuve d'un dédain effarant face aux manifestants et au front syndical en refusant tout dialogue social. Mais gare à la sanction venue des urnes!
Dans les jours qui viennent, les commentateurs officiels de la presse bien-pensante – ils sont nombreux et puissants – constateront, non sans raison, que le mouvement social (ses manifestations, ses débrayages et ses grèves) est en voie d’épuisement sinon d’extinction. Et après ?...
Après, les frustrations.
Après, la déception.
Après, pour certains, la rage.

En réalité, le niveau zéro de la politique, le niveau zéro de la concertation sociale, le niveau zéro du respect envers des citoyens inquiets, que leur tourment soit fondé ou non. Voilà la démonstration, la pitoyable démonstration, que Nicolas Sarkozy est en train de fournir. Précisons-le : nous ne nous en réjouissons pas. Explications.

Partons de l’hypothèse que la réforme des retraites, plus précisément encore cette réforme-là des retraites, soit fondée, qu’une majorité de Français – les sondages en attestent – n’y entravent rien, qu’ils l’estiment – à tort, pourquoi pas ? – « injuste » donc infondée, donc inacceptable ; une telle attitude - qui n’a rien d’anti-démocratique soulignons-le aussi – mérite-t-elle tant de mépris, un dédain à ce point affiché et assumé ? Les Français n’ont pas à supporter d’un pouvoir, quel que soit ce pouvoir, pareille morgue.
Ce comportement a au moins l’intérêt, le mérite, de nous laisser apparaître la véritable nature d’une certaine droite, d’une partie de la droite, cette frange aujourd’hui au pouvoir et authentiquement gaulliste, une droite de classe, d’argent et d’arrogance, rappelant sans cesse le peuple à ses devoirs, usant volontiers de la répression, estimant que les « bonnes » décisions relèvent exclusivement des « sachants ». Il faut lire Le Figaro Magazine, les éditoriaux de son directeur, Alexis Brezet, intelligent, belle plume. « A la niche, le peuple », ainsi peut être résumé le refrain, la litanie, le credo. Le gouvernement ne doit pas céder. Jamais.

Cette droite-là, il faut la combattre. Pied à pied.

La combattre, en effet, à notre place. Celle d’un journal attaché aux valeurs républicaines et aux quelques principes essentiels hérités du Conseil National de la Résistance ayant tissé notre lien social. Depuis deux mois maintenant, Nicolas Sarkozy et François Fillon, pour une fois en harmonie, défient les Français : ils les provoquent, ils les narguent, contraignant les opposants, l’ensemble des opposants, à des formes de radicalité, serait-ce dans les mots, dans le vocabulaire, dans la posture. Dans cette affaire des retraites, le tandem Sarkozy-Fillon (exit le ministre du Travail, Eric Woerth, carbonisé par l’affaire Bettencourt) n’a cessé de jouer et d’assumer la provocation, le règlement de comptes, l’exaspération des interlocuteurs les mieux disposés. Ainsi François Chérèque.

Le secrétaire général de la CFDT était disposé à un compromis. A condition que le pouvoir le traite en adulte de la politique et de la concertation sociale ; à condition que ses points de vue ne soient pas par principe raillés ; à condition que l’Élysée n’assume pas trop ostensiblement une préférence marquée envers … le cégétiste Bernard Thibault. Curieux comportement qui a eu pour conséquence de gauchiser Chérèque, de le contraindre à s’exposer, à accepter le jeu de la médiatisation. Et, à la surprise générale, à l’inverse de ce que l’Élysée guettait, Chérèque s’est imposé en porte-parole incontestable d’une lutte populaire, en médiateur capable d’exprimer clairement, sans détours, les souffrances d’une population, d’une partie importante, imposante de la population.

Le projet de loi Sarkozy-Fillon-Woerth sera voté par le Sénat. Le front syndical commencera à se défaire et le pouvoir gloussera de plaisir, soulignant et insistant sur sa « victoire ». Victoire, oui, à court terme. Victoire, certainement, provoquant rancune et frustration. Victoire de la vue basse en politique, sans souffle ni espoir collectif. Du petit Sarkozy, vindicatif, bagarreur et méprisant. Les Français retrouveront le président, bientôt. Pour le sanctionner. Comment ?

« On le retrouvera vite dans les urnes », soulignent les manifestants, renvoyant ainsi la gauche et le PS à leurs responsabilités. Une autre gauche absente. Nous y reviendrons. Forcément. La droite méprisante face à la gauche absente. Curieux…
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V
<br /> ségolène est là et c'est le principal pour moi, elle est la vraie secretaire nationale du PS, elle est là, elle nous soutient, nous serons là en 2012 pour la désigner aux primaires et puis après<br /> pour une sixième république que nous aurons bien gagné !!<br /> <br /> <br />
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