Des avantages bien mal employés

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010.jpg Jacques GUYON 11/11/2010

 

 

Alors que les entreprises du CAC 40 ont vu tomber dans leurs caisses des dizaines de milliards d'aides, elles ont en même temps continué à «dégraisser», selon le vocable élégant employé en ces occasions.

En ces temps de grand remue-méninges gouvernemental autour d'un démantèlement éventuel du bouclier fiscal et d'une non moins éventuelle redéfinition du fameux ISF, l'impôt sur la fortune pour les particuliers, une enquête du journal «Libération» de mercredi jette un coup de projecteur très instructif sur une autre forme de fiscalité.Celle qui touche les grands groupes du CAC 40.

En se plongeant dans le rapport du très officiel Conseil des prélèvements obligatoires du 6 octobre dernier, le quotidien exhume un chiffre hallucinant: grâce aux niches fiscales et sociales, les entreprises «économisent» 172 milliards par an. Plus intéressant encore en ces temps de disette budgétaire et de rigueur fiscale qui persiste à ne pas dire son nom, ce manque à gagner pour le budget de la Nation profite en premier lieu aux multinationales donc aux entreprises cotées au CAC 40. 

Si on voulait résumer, on pourrait dire que plus une entreprise est grosse, riche, puissante et en bonne santé, moins elle paie de taxes et plus elle reçoit de subventions de l'Etat. C'est ainsi que l'impôt sur les sociétés (IS) dans une entreprise du CAC 40 est en moyenne 2,3 fois moins élevé que celui acquitté sur ses bénéfices par une PME. Quand l'impôt sur les sociétés est globalement de 33 %, il tombe à 20 % pour les entreprises de moins de 500 salariés, de 13 % pour celles de plus de 2.000 personnes mais surtout, il dégringole à seulement 8 % pour celles du CAC 40 ! On est loin du «little is beautiful» prôné par nos dirigeants politiques depuis des années.

Loin du discours cent fois répété sur la volonté d'aider les PME et PMI. Loin encore de ce fameux modèle allemand dont on nous rebat les oreilles et qui fait pourtant la fortune du commerce extérieur de nos voisins. Être tout ceci alors même qu'on ne cesse de promettre des remèdes pour combattre la désindustrialisation de notre pays. Au-delà de cette inégalité par rapport à la fiscalité et aux aides de l'Etat, l'enquête de «Libération» met en lumière le peu d'impact que celles-ci peuvent avoir en matière d'emploi. C'est le moins que l'on puisse dire... 

C'est ainsi qu'alors que les entreprises du CAC 40 ont vu tomber dans leurs caisses des dizaines de milliards d'aides, elles ont en même temps continué à «dégraisser», selon le vocable élégant employé en ces occasions. Elles ont ainsi détruit près de 40.000 emplois en France entre 2005 et 2009. Champions de ces «dégraissages», France Telecom, PSA, Renault mais aussi Carrefour ou encore Total et même... L'Oréal. 

Ce hiatus entre fiscalité ultra-avantageuse et destruction d'emplois peut-il être seul imputé à la seule mondialisation ? En tout cas, à regarder ces chiffres, on se dit que l'Etat aurait tout intérêt à passer du discours aux actes en aidant en priorité les PME qui sont le véritable tissu qui habille encore l'emploi en France.

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Publié dans Economie

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V
<br /> Pour se faire, il faudra attendre que Ségolène prenne les rennes, ce programme était déjà présent en 2007 dans les cent propositions, mais qui les a réellement lus ?<br /> <br /> <br />
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