Dernier round avant 2012
Les résultats du vote de ce dimanche - scrutin dont on avait pourtant essayé de nous convaincre qu'il n'avait qu'une portée purement local... - vont sans nul doute être observés avec une attention toute particulière. Par les médias et politologues bien sûr. Par le personnel politique évidemment. Par l'hôte de l'Elysée plus encore. D'abord parce que cette élection, la dernière avant la «mère de toutes les batailles» de 2012, constitue un test grandeur nature.
Le résultat de dimanche viendra ou non confirmer la batterie de sondages de ce début d'année lesquels donnent tous ou presque Nicolas Sarkozy défait au deuxième tour. Voire même absent de celui-ci. Le vote de dimanche sera d'abord observé à la loupe pour diagnostiquer les craintes qui se sont manifestées au soir du premier tour à la fois sur le niveau de désenchantement des Français pour la vie politique et sur la percée du Front national.
Après le taux d'abstention historique de dimanche dernier, les électeurs vont-ils retrouver le chemin de l'isoloir? Si oui, on pourra d'abord saluer un sursaut de civisme. Mais selon les cas de figure, on verra si ce réveil est le fruit d'une forte remobilisation à gauche, s'il marque une amplification du vote FN ou s'il est la manifestation de ce «vote républicain» qu'appellent Villepin, Juppé, Fillon et quelques autres de leurs voeux.
Une faible participation, observée à l'occasion de duels gauche-FN, validerait le sondage d'Opinion Way-Fiducial pour le Figaro d'hier selon lequel les Français qui ont voté pour la droite au premier tour étaient 68% à dire qu'ils s'abstiendront ou voteront blanc ou nul au second.
Stratégiquement, ce serait donc le couple Sarkozy-Copé qui aurait vu juste en prônant le «ni-ni», ni vote pour le candidat FN, ni pour celui de la gauche. Ce vote va de toute façon rebattre les cartes, à gauche comme à droite. On y mesurera si le PS constitue aux yeux des Français une alternative crédible. Ce sera particulièrement un test pour Martine Aubry et sa stratégie de front de gauche.
Mais c'est du côté de la majorité présidentielle que ce vote peut évidemment s'avérer à plus haut risque. Une amplification de la défaite du parti présidentiel peut même aller jusqu'à reposer la question de l'existence de l'UMP en tant que telle. Mais c'est bien sûr du côté de l'Elysée qu'on regardera avec le plus d'attention les résultats de dimanche. Au fond de lui-même, Nicolas Sarkozy ne peut pas en effet se cacher la tête dans le sable en revendiquant à la fois son rôle d'hyper-président et en jeter l'habit aux orties lorsqu'il perd une élection. Fut-elle...locale.
Même si d'autres éléments entreront en jeu dans les mois qui viennent - quel impact la catastrophe du Japon aura-t-elle sur l'attelage PS-Verts ou quels dividendes peut espérer toucher Sarkozy de sa «croisade» libyenne? - ce dimanche sera une pierre blanche sur le chemin de 2012.