De quoi les drapeaux de la Bastille sont-ils le nom ?

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-2012

 

 

Hier soir, à la Bastille, le surgissement de drapeaux très divers nous rappelait à la fois les cicatrices de ceux qui les portaient et les cicatrices de ceux qu’ils choquaient. Une diversité forte de symbole.

(Bastille - ALFRED/SIPA)
(Bastille - ALFRED/SIPA)
Dès sept heures du soir, bien avant que ne commence vraiment la fête, ils flottaient le long de la colonne de la Bastille et ils ne l’ont plus quittée. Drapeaux algériens, marocains, tunisiens, hardiment brandis à côté de rares  drapeaux français, tandis que d’autres, dans la foule, leur faisaient écho de toutes leurs couleurs, au long de la soirée. Drapeaux palestiniens, camerounais. Drapeau syrien – celui de la résistance et de l’armée syrienne libre-, et même irakien. Mais aussi, dans la houle, étendards...bretons, catalans. Et drapeau irlandais. Et drapeau vénézuélien, à côté de celui du Front de gauche. 

Que signifiait cette floraison bigarrée ? Que voulait clamer, sur la colonne de 1830, la jeunesse qui brandissait les drapeaux des trois pays du Maghreb, serrée autour des portraits de François Hollande ? 

Etait-ce une guérison après une déchirure ? Une affirmation des identités qui ne peuvent pas renoncer à elles-mêmes mais se rangent sous la protection du nouveau président, sous son  humanisme chargé de « normaliser », là encore, là plus qu’ailleurs, les passions léguées en héritage à des millions de jeunes Français, traumatisés par le quinquennat qui s’achève ?

Etait-ce la version inattendue de la France guidant les nations ? Reliée grâce au retour de la gauche à son histoire révolutionnaire emblématique ? Larguant les amarres du repli pour voguer vers des lendemains qui chanteront l’universel ? 

Quels que soient les espoirs, ils doivent cependant éviter l’angélisme. Il se peut que ces drapeaux, solidement fixés par leurs supporters,  et qui ont flotté sur toutes les images télévisées de la retransmission de la fête, aient déconcerté des citoyens. Pour eux, et d’ailleurs pour François Hollande dans ses engagement et ses déclarations, seul le drapeau français est à même d’envelopper et de guérir notre pays. 

Mais ce premier soir, le surgissement de drapeaux autres nous rappelait à la fois les cicatrices de ceux qui les portaient et les cicatrices de ceux qu’ils choquaient. Cette image bariolée racontait évidemment une France bien différente de celle du 10 mai 1981. 

A nous de la raconter sans cacher ses délivrances, ses fractures, ses risques.
Publicité

Publié dans Nation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Les 2 seraient intéressants! D'habitude, ils ne sont pas tendres avec la France.
Répondre
D
<br /> <br /> Il faut dire que Sarkozy ne les a pas habitué à la tendresse<br /> <br /> <br /> <br />
A
Qu'en pense la presse étrangère?
Répondre
D
<br /> <br /> La presse algérienne, tusinisenne , marocaine, africaine ? ou bien la presse WASP ?<br /> <br /> <br /> <br />