De l'art de tomber dans le piège Guéant

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Il n'était que de voir le grand sourire s'afficher sur le visage de Claude Guéant pendant la diatribe de Serge Letchimy pour mesurer sa satisfaction.

 

Existe-t-il un député socialiste, ou en l'espèce «apparenté», pour tomber dans les pièges grossiers tendus par Claude Guéant, grand pourfendeur d'une immigration incontrôlée génératrice de délinquance et dernièrement défenseur zélé de l'inégalité de valeur entre les «civilisations». La réponse est oui. 

Il s'appelle Serge Letchimy, député de la Martinique et « fils spirituel » autoproclamé du regretté Aimé Césaire. Retenez son nom, car il est celui par qui le scandale tant espéré par la droite pour discréditer l'opposition et François Hollande en particulier est arrivé hier à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement. 

«Vous, monsieur Guéant, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration», a lancé Serge Letchimy, poursuivant son intervention dans le brouhaha par une référence au «régime nazi». Evidemment, le gouvernement, suivi de sa majorité, a quitté comme un seul homme l'hémicycle, en guise de protestation. Et le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer a suspendu la séance. 

Excessifs, condamnables, les propos du député martiniquais assimilant Claude Guéant à un affidé d'Hitler, le sont bien évidemment. Cela relève du «bon sens», comme dit Nicolas Sarkozy à propos de la thèse sur les civilisations du plus dévoué de ses collaborateurs. Mais l'attaque en piqué de cet «apparenté» socialiste contre le ministre de l'Intérieur est surtout stupide et contre-productive, comme une rafale de kalachnikov tirée contre son propre camp, et par voie de conséquence contre François Hollande. Il n'était que de voir le grand sourire s'afficher sur le visage de Claude Guéant pendant la diatribe de Serge Letchimy pour mesurer sa satisfaction. 

Depuis sa sortie de samedi dernier sur «les civilisations qui ne se valent pas», le candidat socialiste se refusait à commenter «des propos qui n'auraient jamais dû être tenus», de foncer dans le piège tendu d'une polémique dont le Front national fait son miel sur fond d'islamophobie. Après l'incident de l'Assemblée, les snipers de la cellule «riposte» de l'UMP ont dégainé fissa pour exiger des excuses. 

Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste, dont on ignore s'il avait été prévenu de la «question» posée par Serge Letchimy, a défendu vaille que vaille le député martiniquais... sur le fond. Mais comme l'outrance peut être sans partage, le patron de l'UMP, Jean-François Copé est allé jusqu'à accuser «la gauche» dans son ensemble «de salir la mémoire des victimes» de l'holocauste. Il est décidément des débats qui n'honorent pas la politique et dont on se passerait volontiers.

 


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Publié dans Politique

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