Crise : L'OIT accuse le "modèle allemand"

Publié le par DA Estérel 83

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L'organisation internationale du travail estime que le modèle allemand, en dévaluant le coût du travail, a enfoncé l'Europe dans la crise

Le modèle allemand est très critiqué par l'Organisation Internationale du Travail

 

L'organisation Internationale du Travail a publié mardi son rapport sur les perspectives de l'emploi en 2012.

Et alors que tous les dirigeants français vantent le modèle allemand, qui lui permet aujourd'hui de résister à la crise européenne tandis que les autres pays s'écroulent sous le poids de leur dette, les experts de l'OIT ont eux choisi de descendre en flammes ce modèle.

 

Selon eux, la compétitivité accrue de l'Allemagne aurait au contraire contribué à aggraver la crise économique européenne. En cause, les réformes Hartz, qui ont permis outre-Rhin de contenir la hausse du coût du travail.

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En 2011, le coût du travail germanique est inférieur à son équivalent en France ou en Italie, par exemple, ce qui permet aux entreprises allemandes de capter la majorité des exportations. Une bonne idée ?

Non, répond l'OIT. En effet, si la compétitivité avait été la même en Allemagne et dans le reste de l'Europe, les entreprises concurrentes des différents pays auraient eu plus ou moins le même volume d'exportations.

Au moment où la crise a frappé, cela aurait permis de répartir l'onde de choc. Cela n'a pas été le cas : l'Allemagne a été plus épargnée que le reste de l'Europe. « Au moment de la crise, les pays en difficulté n'ont pas pu compter sur leurs exportations pour compenser la baisse de la demande intérieure », analyse le rapport de l'organisation.

Ce qui a contraint les pays les plus exposés à s'endetter pour soutenir l'activité des entreprises. « Au niveau européen, [le modèle allemand] crée les conditions d'une dépression économique prolongée », redoutent les experts de l'OIT.

Précarisation des salariés

En fait, le modèle allemand s'est surtout traduit par la précarisation progressive des salariés. Selon l'Organisation internationale du travail, la consommation intérieure du pays accuse un retard important par rapport aux autres pays d'Europe.

 

En effet, plutôt que de mettre l'accent sur la productivité, Berlin a joué sur le levier des salaires. En clair, au lieu de produire plus pour un revenu donné, les salariés allemands gagnaient moins pour le même niveau de production que leurs voisins européens. Entre 1995 et 2010, le revenu outre-Rhin a ainsi baissé de 15% par rapport à la moyenne de la zone euro pour un niveau de productivité donné, selon l'OIT.

De même, le nombre d'emplois à plein temps a diminué en Allemagne, remplacé par une explosion du travail à temps partiel : selon l'institut allemand DIW Berlin, le temps partiel a augmenté outre-Rhin de 43% entre 2000 et 2010, tandis que l'emploi à temps plein diminuait de 2%. Alors qu'en France, toujours selon DIW Berlin, le temps plein augmentait de 10% et le temps partiel de 17%.

 

De quoi ébranler peut-être les candidats à l'élection présidentielle qui veulent remplacer le modèle social français par un modèle allemand finalement plus précaire.

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Publié dans Social

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