Coucou Peillon... ou Peillon le coucou du PS
PAR STÉPHANE ALLIÈS
Après s'être rangé très rapidement derrière Dominique Strauss-Kahn, Vincent Peillon a désormais choisi François Hollande. Il devrait occuper une fonction de porte-parole dans le staff du candidat à la primaire socialiste, aux côtés de Pierre Moscovici, autre soutien récent du député et président du conseil général de Corrèze.
Pour autant, ce qu'il reste du «courant Peillon», sous-division du «courant Royal» de 2008 (Espoir à gauche), héritée d'une sous-sous-sous division du courant formé avec Arnaud Montebourg et Benoît Hamon entre 2002 et 2005 (le Nouveau parti socialiste – NPS), devrait encore se diviser. Fidèle lieutenant de Peillon, le sénateur David Assouline a ainsi choisi de rester auprès de Martine Aubry (il avait déjà intégré la direction du PS il y a un an). Quant à l'une des autres têtes de proue du courant, le Marseillais Patrick Mennucci, il hésite encore et regarde ce que va faire son meilleur ennemi local Jean-Noël Guérini, en passe de rallier lui aussi Hollande. Une autre partie des «troupes peillonistes» serait encore marquée par une«hostilité anti-Aubry» remontant au congrès de Reims.
Du côté des proches de Benoît Hamon, on se dit «stupéfait» du ralliement de Peillon à Hollande. «Quand on s'est battu contre le cumul des mandats, contre les barons locaux, pour la rénovation institutionnelle,et qu'on finit chez Hollande, qui représente tout l'inverse, ça fait quand même bizarre», soupire un hamoniste. Qui ne se prive pas de rappeler que l'ancien premier secrétaire du PS le qualifiait à l'époque de «serpent».
Sollicité, Vincent Peillon n'a pas donné suite à notre appel.
Mise à jour à 17h15:
Après discussion au téléphone, Vincent Peillon tient à préciser nos informations, indiquant qu'il réunirait la direction de son courant ce samedi, afin qu'il y ait un vote sur le soutien au candidat à la primaire. Confirmant avoir fait le choix de François Hollande, il estime que ce vote devrait être «très largement majoritaire». «Il y aura des choix individuels, mais nous nous retrouverons tous ensuite», explique-t-il. Sur le non-cumul, il tient à rappeler que «tous les gens qui étaient avec moi pour le non-cumul l'ont trahi par la suite, sauf moi». Quant à son inimitié passée avec Hollande, il dit: «Cette histoire de "serpent", ça vient d'Eric Besson! Avec Hollande, qu'il y ait eu des énervements, lorsque j'avais démissionné de mon poste de porte-parole, c'est certain. On s'est beaucoup agacé l'un l'autre. Mais, ayant été tout le temps minoritaire au PS, je sais comment on a été traité par toutes les directions. Avec Hollande, ce fut toujours dans un cadre républicain. Mais ce qui compte pour battre Sarkozy, c'est de retrouver du souffle et des valeurs». Enfin, il dit ne pas avoir réclamé de poste de porte-parole, mais se dit prêt à«apporter du contenu» à Hollande.
D'autre part, Patrick Mennucci nous a également contacté, pour nous indiquer que son choix «ne se ferait absolument pas en fonction de celui de Guérini», et qu'il le prendrait mardi, après la remise du rapport de la commission d'enquête présidée par Alain Richard, sur le fonctionnement de la fédération des Bouches-du-Rhône. Même s'il s'attend à tout, il dit ne pas croire à un ralliement de Guérini à Hollande...