Comment Marine Le Pen entend dépecer l’UMP

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

 

 

Par Belle-Amie

 

Marine Le Pen, 3ème femme - cc RemiJDN

 

17,90 % des voix. Forte de son score, inédit pour une candidate de l’extrême-droite au premier tour d’une présidentielle, Marine Le Pen entend bien pousser son avantage pour s’imposer à droite. Il s’agit pour elle de faire imploser l’UMP pour mieux dépecer ce qui restera de l’ex-parti présidentiel.

Avec cet objectif, le Front National a donc aujourd’hui joué la partition de la carotte et du bâton.  A ma droite la “gentille” Marine Le Pen qui fait miroiter aux candidats députés de l’UMP la possibilité d’une élection ou d’une ré-élection avec l’aide du FN. A mon extrême-droite le “méchant” Bruno Gollnisch, candidat FN dans le Var qui confirme ce mardi 8 mai à Hyères l’existence d’une ” liste noire ” de personnalités UMP à faire battre car elles ont ” dit préférer ” un candidat PS au FN. Il a cité en premier ” Nathalie Kosciusko-Morizet, qui va être servie “, mais aussi Chantal Jouanno, Claude Guéant et Jean-François Copé. Et Bruno Gollnisch de prédire l’éclatement de l’UMP.

Éclatement, implosion, tel est bel et bien l’objectif de Marine Le Pen et son parti. Ainsi la dirigeante du Front National   explique dans Valeurs Actuelles que “si discussions il doit y avoir, c’est à la base. Nous regarderons au cas par cas, notamment la sincérité du candidat UMP qui nous proposerait une telle ‘entente’. Je ne suis pas fermée, a priori, à ce type de discussions”.  Avant de préciser sur RTL qu’il s’agit pour ces candidats à la députation d’un billet sans retour de l’UMP vers le Front National, s’adressant donc à “des candidats de l’UMP qui veulent quitter“, ”Nous sommes prêts à avoir une discussion avec eux, dans le cadre d’un second tour où nous ne serions pas présents bien entendu explique-t-elle.

Ce cadre est donc posé. Au delà du vocable particulièrement obscène de ces “listes noires”, le Front National entend bien mettre la main sur une partie de la droite UMP, cette “droite populaire” si FN-compatible, en éliminant les principaux obstacles à cette OPA. Parmi eux, Jean-François Copé arrive en “tête de liste”. L’actuel patron de l’UMP est à la fois l’incarnation de la ligne droitière, de l’extrême-droitisation choisie par Nicolas Sarkozy au cours de la présidentielle et celui qui aujourd’hui encore réitère l’interdit des discussions, des compromissions avec le Front National. Ainsi Copé annonçait-il aujourd’hui que tout accord local avec le FN serait “contraire à la ligne de l’UMP” et que dans le cas où l’interdit serait transgressé l’UMP tirerait ”toutes les conséquences au niveau national”.

Pourtant la ré-élection de Jean-François Copé, comme celles de plusieurs de figures de l’UMP chahutées dans leur circonscription, ne va pas être une promenade de santé. La droite républicaine risque de payer cher à la fois les conséquences d’un discours qui a légitimité les thèses et les maux nauséabonds du FN et d’une inaction gouvernementale qui a laissé le pays dériver au point que nombre de Français se sont raccrochés au radeau de l’extrême-droite repeinte couleur Marine.

 

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Publié dans Politique

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