Cette “gôche” qu’ils détestent et qui n’existent plus
La droite re-découvre qu'elle est sans doute multiple. Le centre aimerait se compter. Mais contre la gauche, certains arguments perdurent comme si rien n'avait changé.
De temps à autre, parfois fréquemment, on lit ici ou là une violente diatribe contre la "gôche".
J'en ai moi-même été récemment le témoin lors d'une simple collation chez un ami qui fêtait son départ. Un participant s'est lancé dans le procès collectif: "ah, cette gôche morale qui revient aux affaires les papilles en alerte !" Et de poursuivre sur l'argument que la gôche n'avait aucune supériorité morale puisqu'elle comportait en son sein nombre de brebis galeuses, que les chartes éthiques et autres ruptures avec le passé affairistes ne seraient que lettre morte, etc
Hier, sur Atlantico, Gilles William Goldnadel livrait sa dernière chronique hebdomadaire avec ce titre "Cette gauche obsédée par le fascisme, mais qui ne supporte pas qu'on la place devant ses contradictions anti-racistes". Il aurait dû écrire: "cette gôche", pour mieux illustrer l'intonation que "ces" critiques aiment à utiliser. Son argument portait notamment sur le silence de certains médias contre la Syrie il y a deux ans et les assauts de critiques dont Bachar el Assad faisait aujourd'hui l'objet par ces mêmes médias. L'auteur visait en particulier le Monde.
Nous connaissons tous ce besoin d'ajouter à la critique d'un fait ou d'une décision une accusation plus collective comme pour mieux disqualifier l'ensemble. Mais ce qui me frappe dans ces accusations-là est leur ignorance d'une situation pourtant bien réelle: la gauche est multiple, sacrément multiple.
Ces accusations trop collectives sont risibles et inefficaces.
Très inefficaces.