Ces messieurs du Carlton de Lille La rumeur médiatique et la réalité judiciaire

Publié le par DA Estérel 83

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Depuis que le nom de Dominique Strauss-Kahn est apparu, courant octobre, dans le dossier de l'affaire dite du Carlton, pas un jour ne passe sans qu'une «source proche de l'enquête» en dévoile un nouveau pan. La multiplication des articles consacrés à «l'effarante double vie de DSK», pour reprendre un titre de L'Express, ferait presque oublier l'essentiel: l'instruction judiciaire ouverte voilà près d'un an à Lille sur un vaste réseau de proxénétisme, dans laquelle huit personnes ont déjà été mises en examen et, pour certaines, écrouées.

 

L'ex-patron du Fonds monétaire international (FMI), lui, n'a pas encore été entendu par les enquêteurs. Selon ses avocats, il pourrait même jamais l'être, tant «son audition paraît secondaire» au regard de l'ampleur du réseau et de l'enquête menée par trois juges d'instruction lillois. Pourtant, de nouvelles convocations sont annoncées chaque jour dans la presse. Pour tenter de comprendre dans quelle mesure et sur quels chefs d'accusation DSK pourrait réellement être inquiété, Mediapart fait le point sur le volet judiciaire de l'affaire.

 

LES POLITIQUES

 

Dominique Strauss-Kahn

 

 

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Il a suffi que son nom soit cité par l'un des mis en examen pour que le dossier du Carlton explose. Mi-octobre, David Roquet, directeur d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, soupçonné d'avoir réglé des frais liés à des «parties fines» (voir page 3), est interrogé par les enquêteurs. Il raconte par le menul'organisation de plusieurs «soirées libertines», à Paris et à Washington, auxquelles aurait participé l'ancien directeur général du FMI.

 

 

Rapidement, ce dernier demande à être entendu en qualité de témoin par les juges d'instruction pour mettre «un terme aux insinuations et extrapolations hasardeuses et (...)malveillantes». A la suite de la publication de nouveaux procès-verbaux et surtout de SMS évocateurs envoyés par DSK à l'homme d'affaires Paszkowski (voir page 3), il réitère sa demande le 11 novembre, assurant faire l'objet d'un«véritable lynchage médiatique».

 

«Nous n'avons eu aucune réponse, explique à Mediapart l'un de ses avocats, Me Henri Leclerc. Je n'ai aucune explication sur ce silence, mais tout ce que je peux dire, c'est que les juges font leur travail et que, manifestement, ils n'ont pas besoin d'entendre mon client. Tous les jours, des journalistes m'appellent pour m'expliquer qu'ils tiennent, d'une source très proche de l'enquête, que M. Strauss-Kahn va être convoqué dans la journée ou le lendemain. Mais ça n'arrive jamais. Je pense qu'il y a une intoxication des journalistes, mais je ne sais pas par qui ni pourquoi...»

 

Au vu des dernières révélations, nombreux sont ceux à évoquer l'éventualité d'une mise en examen de Dominique Strauss-Kahn pour «recel d'abus de biens sociaux», voire pour «complicité de proxénétisme». Mais que risque vraiment l'ex-patron du FMI ?

Selon l'article de loi 225-5«le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit, d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui». Ce délit, passible de sept ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende, devient un crime dès lors qu'il est commis «en bande organisée», ce qui semble être le cas dans l'affaire du Carlton. La loi française ignore les clients de prostitué(e)s, sauf s'il s'agit de mineur(e)s ou de personnes vulnérables. Pour que DSK soit inquiété, il faudrait qu'il soit prouvé qu'il n'était pas seulement familier du réseau à titre personnel, mais qu'il a également servi d'intermédiaire pour d'autres clients.

 

«Ce que j'ai vu pour le moment dans la presse, c'est quelqu'un qui passait des commandes pour lui, note Yves Charpenel, avocat général à la Cour de cassation et président de la Fondation Scelles qui lutte contre la prostitution en Europe et se constitue partie civile dans le dossier du Carlton (voir page 4). Si ça a été plus loin, si, à titre de client fidèle, il en a profité pour ouvrir le marché de ce réseau à d'autres, là il risque d'avoir de gros problèmes.»

«La mise à mort d'un homme déjà à terre»

De «gros problèmes», l'ex-patron de FMI risque aussi d'en avoir s'il s'avère qu'il assurait une partie des frais liés aux «soirées libertines» ou s'il savait qu'il était client d'un réseau de prostitution.

«Je n'ai jamais lu dans les textos qui sont sortis dans la presse que mon client ait envisagé qu'il s'agisse de prostituées, assure Me Leclerc. Une prostituée, une escort girl et une jeune femme légère qui accepte de recevoir des compensations, ce n'est pas forcément la même chose. Et puis, je n'ai aucune garantie que ces messages soient complets. Comme je n'ai aucune garantie qu'il n'y ait pas dans ces textos la négation de ce que l'on interprète avant.»

N'ayant pas encore eu accès au dossier d'instruction et sur la seule base de ce qu'il a lu dans la presse, Me Leclerc ne voit pas comment son client pourrait être mis en examen pour«complicité de proxénétisme» ou «recel d'abus de biens sociaux».

«Je suis le premier surpris de ce qui est avancé. Je ne vois même pas quel est le fondement juridique possible, indique-t-il. La seule chose que je peux vous dire, c'est que M. Strauss-Kahn dira la vérité. Mais je ne vais pas m'expliquer devant le tribunal de l'opinion tant qu'il ne s'est pas expliqué devant la justice. Je ne vais pas donner ces explications devant un tribunal inexistant, une espèce de raz-de-marée salace à des fins de ventes.»

 

 

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«Trash»«nauséabonde»,«racoleuse»«grotesque au nom de la vertu»... L'ex-patron du FMI et ses conseillers juridiques tirent à bout portant sur la presse. Dénonçant «la mise à mort d'un homme déjà à terre», ils entendent riposter judiciairement. «Nous allons saisir la justice d'un certain nombre d'actions en atteinte à la vie privée, poursuit Me Leclerc. Pour l'instant, nous avons évoqué Le Figaro (qui titrait le 12 novembre sur «Le profond désarroi d'Anne Sinclair»), mais il y aura d'autres journaux qui seront visés, c'est évident.»

 

 

Alors que les avocats français de DSK tentent de minimiser le rôle joué par leur client dans le dossier du Carlton, de l'autre côté de l'Atlantique, les conseillers de Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui a accusé au printemps dernier l'ex-patron du FMI de viol, entendent bien profiter de l'affaire pour appuyer celle qui les concerne au premier chef. Car si la procédure pénale de Mme Diallo à l'encontre de DSK a été abandonnée le 23 août à New York, une procédure civile, entamée le 8 août, subsiste toujours.

 

Les avocats américains de la plaignante se disent aujourd'hui«optimistes» quant à l'issue de cette procédure. S'opposant par écrit au classement de la plainte demandé par DSK le 26 septembre, ils ont mentionné dans leur réponse d'autres agressions ou incidents avec des femmes impliquant l'ancien directeur général du FMI, en premier lieu desquels l'affaire du Carlton. «Cette affaire (...) ne fait que renforcer ce que nous savions déjà devoir être la vérité. A savoir que Dominique Strauss-Kahn considère véritablement les femmes comme des objets et qu'il a de nombreuses explications à fournir», a estimé l'un d'entre eux dans une interview accordée au Parisien.

 

Pierre Moscovici, Christophe Borgel et Jean-Marie Le-Guen

 

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Le 10 novembre, Libération publie une série de SMS qui n'ont pas de lien apparent avec les «soirées libertines», mais semblent attester que Dominique Strauss-Kahn a aidé à mettre en contact Fabrice Paszkowski avec au moins trois de ses amis politiques.

Il s'agit de Christophe Borgel, fidèle de DSK et secrétaire national du PS, chargé de la vie des fédérations et des élections, du député PS de Paris Jean-Marie Le Guen, mais aussi de Pierre Moscovici, député PS du Doubs, fraîchement nommé directeur de campagne de François Hollande.

 

Ce dernier n'a pas tardé à réagir en dénonçant des«insinuations à la fois insupportables et inacceptables»contre lui. Envisageant «des poursuites judiciaires si cela devait se poursuivre», Pierre Moscovici s'est, tout comme Me Leclerc, étonné «des rumeurs nées autour de prétendus SMS divulgués par des sources étranges et reprises dans les médias sans la moindre rigueur».

LES «HOMMES DU CARLTON»

 

René Kojfer

 

 

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Chargé des relations publiques du Carlton et figure des nuits lilloises, René Kojfer, 69 ans, est au cœur de l'enquête des trois juges d'instruction. Il a été mis en examen pour«proxénétisme» et écroué le 7 octobre. Ami de longue date de «Dodo la saumure», un tenancier de maison close incarcéré en Belgique (voir ci-dessous), il est soupçonné d'avoir fourni, via son ami, des prostituées à certains des clients de l'hôtel.

 

 

René Kojfer a été placé depuis «quelques jours» dans une aile de la maison d'arrêt de Sequedin à l'abri d'éventuelles représailles. Selon son avocat, Me Christophe Snyckerte, l'homme était jusqu'alors «un petit peu chahuté» par d'autres détenus. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai doit examiner, le mercredi 23 novembre, sa demande de remise en liberté.

 

Hervé Franchois

 

 

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Arrêté le 11 octobre, le propriétaire du Carlton, âgé de 70 ans, a été mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée» et incarcéré. Il est soupçonné d'avoir fermé les yeux sur les agissements au sein de son établissement. Sa demande de remise en liberté doit également être examinée mercredi prochain.

 

 

Francis Henrion

 

 

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Tout comme M. Franchois, Francis Henrion, directeur du Carlton et propriétaire de l'hôtel des Tours, est soupçonné d'avoir couvert les activités de prostitution dans l'établissement lillois. Mis en examen pour«proxénétisme aggravé en bande organisé», il a été écroué le 7 octobre, avant d'être remis en liberté près d'un mois plus tard. Toujours sous contrôle judiciaire, il a interdiction de quitter le territoire, obligation de pointage tous les mois et a dû payer une caution de 15.000 euros.

 

 

 

LES «HOMMES D'AFFAIRES»

 

Dominique Alderweireld

 

 

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Surnommé «Dodo la saumure», ce Français de 62 ans a été mis en examen début octobre à Courtrai, en Belgique, pour des faits de proxénétisme, avec trois autres personnes dont son épouse, Béatrice. Maintenu en détention au moins jusqu'à son procès, le 1erdécembre à Tournai, Dominique Alderweireld a confirmé compter Dominique Strauss-Kahn parmi ses clients, mais continue de nier l'existence d'un réseau de prostitution au Carlton.

 

David Roquet

 

Directeur de Matériaux enrobés du Nord, une filiale du groupe de BTP Eiffage basée à Annay (Pas-de-Calais), David Roquet a été mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée» et écroué le 14 octobre.

 

Ce chef d'entreprise est soupçonné d'avoir réglé des frais liés à des «parties fines» auxquelles auraient notamment participé Dominique Strauss-Kahn et le chef de la sûreté départementale du Nord, Jean-Christophe Lagarde (voir page 4). Il a été mis à pied «à titre conservatoire» par la société Eiffage le 21 octobre.

 

Accusant les dirigeants du groupe de BTP d'être au courant de ces «parties fines» et d'en avoir même financé quelques-unes, M. Roquet a affirmé par la voix de son avocat, Me Dupont-Moretti, avoir été incité à organiser des «virées chaudes» pour certains des invités du Congrès des maires de France, qui se tient chaque année au Paradis Latin, à Paris.

 

De son côté, Eiffage a dénoncé des «accusations sans fondement» et s'est porté partie civile dans le dossier en déposant plainte le 24 octobre (voir page 4). Le directeur du groupe, Pierre Berger, a révélé le 6 novembre les résultats d'un audit interne. Selon ce dernier, l'entreprise aurait dépensé 50.000 euros depuis 2009 pour onze «parties fines» et des voyages, au moyen de fausses factures établies à la société de communication de Virginie Dufour (voir ci-dessous) ou de fausses notes de frais.

 

Début novembre, le quotidien régional Nord Eclair, citant une source interne du groupe de BTP, révélait que le supérieur hiérarchique «à la direction régionale de la branche de travaux publics» de David Roquet avait également été mis à pied.

 

Fabrice Paszkowski

 

Entrepreneur lensois âgé de 44 ans, patron de la société Medicalis, spécialisée dans la vente de matériel paramédical, Fabrice Paszkowski est suspecté d'avoir fourni des prostituées à DSK lors de soirées organisées à Paris ou Washington. Militant socialiste, il aurait fait la connaissance de l'ex-patron du FMI par l'un des fils de Jacques Mellick, ancien maire PS de Béthune.

 

Mis en examen pour «proxénétisme»«abus de biens sociaux»«association de malfaiteurs» et «escroquerie» le 21 octobre, il a été placé en détention provisoire.

 

Virginie Dufour

 

Ex-compagne de Fabrice Paszkowski, cette Lensoise de 41 ans a été mise en examen le 21 octobre pour «proxénétisme aggravé en bande organisée»«association de malfaiteurs»et «escroquerie». Remise en liberté, elle a été placée sous contrôle judiciaire. 

 

Directrice d'une société d'événementiel baptisée «Virginie D.», elle est soupçonnée d'avoir organisé et payé trois voyages que son ex-compagnon aurait effectués en companie de David Roquet, Jean-Christophe Lagarde et des jeunes femmes, entre décembre 2010 et mai 2011.

POLICE ET JUSTICE

 

Jean-Christophe Lagarde

 

 

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«Superflic» âgé de 47 ans, à la tête de la sûreté départementale du Nord depuis 2006, Jean-Christophe Lagarde a été mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée» et «recel d'abus de biens sociaux» le 21 octobre, après avoir été entendu par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) pendant près de 30 heures de garde à vue.

 

 

Adjoint de Michel Neyret – ancien numéro deux de la PJ lyonnaise mis en examen et écroué début octobre notamment pour corruption – à la brigade de recherche et d'intervention de 1995 à 1999, il est ensuite passé à la sûreté, toujours dans le Rhône, de 2000 à 2006, avant d'être muté à Lille.

 

Ce commissaire divisionnaire aurait réservé des chambres avec des filles pour certains de ses amis dans différents hôtels. Il aurait également participé à plusieurs voyages en compagnie de filles de «Dodo la saumure», à Paris et à Washington.

 

Placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions, il a toutefois été laissé libre. Son avocat, Me Olivier Bluche, a indiqué fin octobre que son client maintenait «n'avoir commis aucune des infractions qui lui sont reprochées».

 

Jean-Claude Menault

 

 

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Ancien directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) du Nord, Jean-Claude Menault a été placé en garde à vue pendant environ cinq heures le 27 octobre.

 

 

Les enquêteurs de l'IGPN l'ont notamment interrogé sur un voyage à Washington en décembre 2010 pour y rencontrer Dominique Strauss-Kahn afin de conseiller ce dernier sur les questions de sécurité, en vue d'une future candidature à l'Élysée.

 

Accompagné de Jean-Christophe Lagarde, David Roquet et Fabrice Paszkowski, ainsi que de deux prostituées présentées comme des secrétaires, M. Menault a déclaré aux enquêteurs s'être «senti un peu piégé» lors d'un dîner en présence de l'ex-patron du FMI qui aurait rapidement tourné en «partie fine». L'homme aurait, selon ses dires, regagné sa chambre d'hôtel et écourté son séjour aux États-Unis.

 

Bien qu'il ne fasse pas l'objet de poursuites, M. Menault a quitté officiellement son poste le 2 novembre pour être muté à la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) et y devenir chargé de mission. Il devrait prendre sa retraite fin janvier 2012.

 

Son pot de départ a été annulé sur demande de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP). «Il ne m'a pas semblé souhaitable que M. Menault, aux frais de la République, offre un pot de départ», a indiqué Claude Guéant, vendredi 18 novembre. En marge d'un déplacement à Bobigny, le ministre de l'intérieur a justifié la mutation de l'ex-chef de la police du Nord en rappelant que le voyage effectué à Washington «n'était pas complètement conforme, pour être pudique, à la déontologie de la fonction publique» 

 

Emmanuel Riglaire

 

 

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Figure du barreau lillois, cet avocat de 41 ans a été mis en examen pour«proxénétisme aggravé» le 13 octobre. Il est toutefois ressorti libre après plus de 24 heures de garde à vue.

 

 

Soupçonné d'avoir eu connaissance de faits de proxénétisme organisés par René Kojfer, il est par ailleurs accusé par l'une de ses clientes qui assure avoir eu recours gratuitement à ses services en échange de faveurs sexuelles. L'avocat l'aurait également mise en relation avec David Roquet pour organiser un rendez-vous avec Dominique Strauss-Kahn à Paris.

 

 

LES PARTIES CIVILES

 

Eiffage

 

Le groupe de BTP, par la voix de son directeur général, Pierre Berger, se dit victime «du réseau que David Roquet entretenait avec l'argent de l'entreprise». La société a portéplainte avec constitution de partie civile pour abus de biens sociaux fin octobre.

Les escort girls

 

Deux escort girls se sont portées partie civile dans l'affaire du Carlton, l'une le 24 octobre, l'autre le 7 novembre. Selon leur avocat, Me Gérard Laporte, toutes deux veulent avoir accès au dossier et éviter les fuites dans la presse. L'une d'entre elles a d'ailleurs porté plainte pour violation du secret de l'instruction et assigné en référé le journal Le Parisienpour atteinte à la vie privée, après la publication d'un article basé sur le procès-verbal d'audition de la jeune femme.

 

«Nous demandons la suppression de l'article sur le site Internet, l'insertion d'une publication judiciaire sur la version papier ainsi que des dommages et intérêts», a précisé l'avocat, qui n'exclut pas d'attaquer d'autres médias.

 

La Fondation Scelles

 

Cette association de lutte contre la prostitution en Europes'est également constituée partie civile dans l'affaire du Carlton pour mettre en lumière des réseaux de criminalité organisée exploitant des femmes vulnérables et obtenir des condamnations à de la prison ferme dissuasives.

 

Contacté vendredi 18 novembre par Mediapart, le magistrat Yves Charpenel, avocat général à la Cour de cassation et président de la Fondation Scelles, a indiqué qu'il devrait avoir accès au dossier d'instruction la semaine prochaine.

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Publié dans Affaires

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