Candidat de moins en moins «naturel»

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Serait-ce le mauvais sondage de trop ? Celui qui fait tomber tous les tabous y compris celui du caractère incontournable du statut de Nicolas Sarkozy candidat «naturel» de la majorité ? En tout cas, à un an quasi jour pour jour du premier tour de l'élection présidentielle, le dernier baromètre Le Parisien/Harris Interactive est en train de libérer les voix au sein même de l'UMP. 

Il faut dire que les sympathisants, militants et, surtout, les parlementaires du parti majoritaire, ont de quoi s'interroger quand ils découvrent que Marine Le Pen arrive en tête au premier tour dans trois cas sur quatre. Mais le pire c'est quand, poursuivant la lecture de ce même sondage, ils se retrouvent face à un véritable scénario catastrophe: dans toutes les hypothèses -sauf celle où il serait opposé à Ségolène Royal- Nicolas Sarkozy est donné absent au deuxième tour ! 

Même si on est à un an du scrutin, que la campagne n'a pas vraiment commencé, qu'il peut se passer bien des choses en douze mois, voilà qui ne peut manquer de plomber le moral à droite. A moins de cultiver une délicate paranoïa à l'image de ceux qui perçoivent dans ces sondages la main de l'Elysée soupçonnée de manipuler les résultats afin que ceux-ci se retournent brusquement à six mois du scrutin, pour créer ainsi une dynamique favorable à Nicolas Sarkozy, on comprend que les parlementaires de l'UMP aient quelques sueurs froides à l'idée du tsunami qui, après l'Elysée, ne manquerait pas de submerger leurs circonscriptions... 

Les éventuelles candidatures de Jean-Louis Borloo et de Dominique de Villepin viennent rajouter à l'angoisse de ceux qui, face à la possible multiplication des candidatures à droite, craignent un 21 avril à l'envers. Mauvais sondages en rafales, éparpillement des candidatures, syndrome de 2002: trois raisons suffisantes pour que, de la position de candidat «naturel», Nicolas Sarkozy soit en train, aux yeux de certains, de passer à celle de candidat putatif et même -sacrilège- pour qu'on aille jusqu'à envisager de le soumettre à une primaire ! 

C'est ainsi qu'après que le député Hervé Mariton, un ex-soutien de Villepin, en ait envisagé l'incontournable nécessité c'est le député européen Alain Lamassoure qui a carrément mis les pieds dans le plat dans une tribune du journal Le Monde. Ce très proche d'Alain Juppé n'hésite pas à exiger une primaire qu'il voit comme «un électrochoc» permettant de crever l'abcès au sein de la majorité. Et le voici qui dit tout haut ce que beaucoup pensent de moins en moins bas: «Si personne n'ose sortir du bois, la preuve sera faite que, pour représenter la majorité actuelle, Nicolas Sarkozy n'est peut-être pas le meilleur candidat, mais c'est le seul possible». On ne saurait être plus clair ni plus féroce pour le Président sortant.

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Publié dans Politique

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