Ca se corse pour Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Evidemment cela n'a pas la subtile harmonie des chants corses. Pourtant, la majorité est en pleines polyphonies. Tour après tour, dimanche après dimanche, échecs après échecs, il devient désormais évident que moins l'UMP récolte de voix dans les urnes, plus le choeur majoritaire s'égaye sur des voies divergentes et même antagonistes. Chacun y va de son interprétation pour analyser la situation. Chacun croit avoir trouvé la bonne partition pour endiguer le naufrage.

Pour certains il faut continuer à jouer en sol majeur, faire donner les cuivres et les bassons, faire passer le frisson et couvrir ainsi la vieille ritournelle qui monte des nouvelles fanfares de l'extrême droite. C'est Copé quand il programme le débat sur la laïcité et l'islam. C'est Claude Guéant qui sur cette lancée n'hésite pas jeudi à emboucher le cor de chasse pour sonner l'hallali contre ces usagers qui croient pouvoir manifester une préférence religieuse au sein de nos services publics.

Et puis, il y a ceux - de plus en plus nombreux, non seulement dans la majorité mais même au sein du gouvernement - qui à la lumière des circonstances, tels Patrick Devedjian, Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, Alain Juppé, et même François Fillon, tentent au contraire de jouer une musique plus susceptible... d'adoucir les moeurs. Pour ceux-ci comme pour Borloo, il convient de revenir à ce qui compte - économie, emploi, éducation - et cesser de faire la course avec le Front national. D'où les polyphonies. Lesquelles sont devenues carrément hier une cacophonie après que François Baroin, ministre du Budget chiraquien mais surtout porte-parole du gouvernement ait clairement expliqué qu'il fallait «mettre un terme à tous ces débats qui donnent l'impression de stigmatiser» et que la majorité revienne «à des valeurs républicaines». Fichtre ! On imagine l'ambiance à l'Elysée quelques minutes plus tard...

Face aux responsables UMP, Nicolas Sarkozy a donc repris la baguette. Mais moins celle du chef d'orchestre que la matraque. Messages: il «n'y a pas eu de vague rose»; là où la majorité perd, c'est qu'il «y a des responsabilités locales». L'abstention ? L'«acte de décès du millefeuille» et «la validation» de sa réforme territoriale. Le débat sur la laïcité qu'on croyait enterré par le porte-parole Baroin ? Il aura lieu comme prévu, foi de Sarkozy ! La petite musique de Borloo et ses tentations de candidature en 2012 ? Gare à «ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille ne le feront pas avec notre complicité»!

Droit dans ses bottes, Nicolas Sarkozy a, à l'évidence, choisi de durcir le ton, de forcer la note. En 2007, il avait donné dans le mezzo forte pour séduire à la droite de sa droite. Il passe au fortissimo. Reste qu'à droite tout le monde n'a pas forcément le coeur à jouer la chevauchée des Walkyries. Et que certains pourraient bien s'émanciper de la baguette d'un chef qui ne fait plus s'enthousiasmer les foules pour faire entendre leur propre musique.

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Publié dans Politique

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