Borloo: le Chevènement de Sarkozy?
Comment interpréter la soudaine envie d’indépendance de Jean-Louis Borloo? Pour Jean-François Copé, interrogé ce matin sur RTL, il faut, semble-t-il, la prendre au sérieux. Car dans son esprit, Borloo pourrait être le Chevènement de Sarkozy! Info ou intox?
C’est fait. Jean-Louis « Bordeaux », comme l’a récemment appelé la présentatrice du JT de France 2 Elise Lucet, a décidé de prendre ses distances avec l’UMP. Mais le patron du parti radical valoisien pourrait tout aussi bien être rebaptisé « Jean-Pierre » Borloo. Jean-Pierre ? Oui, comme Jean-Pierre Chevènement.
Car au lendemain de son émancipation télé-retransmise en compagnie d’Arlette Chabot (1), Jean-Louis Borloo semble inspirer les pires craintes à ceux qu’il côtoyait encore récemment (ceux, d’ailleurs, dont il ne s’est jamais vraiment désolidarisé lorsqu’il était au gouvernement…). Interrogé ce matin sur RTL , Jean-François Copé a ainsi fait part de son inquiétude. Pas directement. Le « Sarko de Meaux » sait être plus subtile que ça. Mais en faisant mine de s’inquiéter pour son « ami » Jean-Louis et de lui prodiguer quelques utiles conseils pour l’avenir : « Est-ce que Madame Taubira à gauche ou Monsieur Chevènement ont laissé une marque considérable lorsqu'ils ont été candidats à la Présidence de la République et qu'ils ont peut-être contribué à la défaite de Jospin ? (…)Quelque part, en voyant le choix que fait Jean Louis Borloo, je me dis : mais est-ce qu'il y a bien en tête ce qu'est notre histoire commune ? (…) Je lui dis, en tout cas, que la route est encore longue d'ici 2012 et que moi je souhaiterais tous les jours parler avec lui et avec l'ensemble de nos amis Radicaux et puis ceux des Centristes de l'UMP qui, je le sais, sont plutôt, eux — heureusement d'ailleurs — dans le souci de rester dans la famille UMP ».
En somme, malgré des détours langagiers, pour Copé, Borloo pourrait être le Chevènement de Sarkozy ! Et le 21 avril à l’envers — un 21 avril qui pourrait faire chuter l’actuel Président plutôt que le candidat de gauche comme en 2002 — n’est plus une théorie fumeuse à laquelle seule Marine Le Pen veut croire et faire croire, mais un scénario qui entre désormais dans le champ des possibles !
Voilà qui sent la panique à droite. Encore que… Il reste maintenant à savoir si la toute récente envie d’indépendance de Jean-Louis Borloo n’est pas une opération téléguidée depuis l’Elysée. Si c’est le cas, admettons-le, c’est extrêmement bien fait. Ou peut-être s’agit-il plus simplement pour l’ancien ministre de l’Ecologie d’imposer à Sarkozy un rapport de force qui lui permettrait enfin de toucher du doigt ce dont il rêve bien plus que tout, plus que de l’Elysée : Matignon !« Jean-Louis-le-Ché-nouvelle-génération-Borloo » balayait, hier soir, face à Arlette Chabot, d’un revers de la main une pareille hypothèse. Mais seul le temps pourra convaincre les Français que Borloo n’est pas un agent secret au service de sa majestée Sarkozy...
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