Laureline Dupont 24/09/2010
Invité de France Inter, Claude Bartolone, président PS du Conseil général de Seine-Saint-Denis, a confirmé l'idée d'une entente entre DSK et Aubry pour la présidentielle de 2012... Avant d'évacuer d'un revers de main audacieux la possibilité de primaires de désignation.
Martine ou Dominique? Dominique ou Martine? Voilà des mois que le Parti socialiste -et les principaux intéressés- s'interroge sans pouvoir trancher.
Dessondages ont donné successivement DSK et Aubry grands gagnants au second tour de l'élection présidentielle de 2012 mais ces vainqueurs pré désignés ne se sont même pas encore déclarés candidats.
Claude Bartolone, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, était ce vendredi 24 septembre l'invité de France Inter. Interrogé sur la candidature PS pour 2012, le lieutenant de Martine Aubry a donné sa vision de la situation. Une vision originale qui ne manquera pas de ravir les ambitieux du PS. Interrogé sur une éventuelle rencontre entre le patron du FMI et la maire de Lille, Bartolone a exprimé le souhait que«personne ne soit au courant quand Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn discuteront, on n'a pas intérêt à ce qu'il y ait une médiatisation de cette rencontre ». Il s'agit, selon lui,«d'un moment qui relève de la vie privé d'individus et de l'engagement politique», mais un«moment» qui pourrait quand même intéresser les sympathisants socialistes. Ne serait-ce que parce qu'ils devraient être appelés à désigner le candidat pour 2012 lors des primaires, réclamées à corps et à cri par Arnaud Montebourg. Pour Bartolone en tout cas une chose est sûre, les électeurs n'auront pas à choisir entre l'expatrié de Washington et la première secrétaire: «Il y aura entente, je suis persuadé qu'il y aura comme candidature ou celle de Dominique Strauss-Kahn ou celle de Martine Aubry, et nous aurons à partir de là un candidat qui permettra à la gauche de gagner.»
Voir la vidéo à partir de 06mn55 *
Interloqué devant tant d'assurance, Patrick Cohen insiste :«Il y aura quand même une compétition ou un candidat unique?» La réponse de Bartolone est catégorique :«Nous pourrions nous orienter vers une primaire de confirmation où j'espère que des millions de Français viendront donner leur énergie à celui ou celle qui permettra à la gauche de gagner».
Pas question donc de laisser les sympathisants désigner un candidat. En revanche, à entendre le président de Seine-Saint-Denis, ils seront les bienvenus pour venir sacrer le champion autoproclamé du PS. Faut-il comprendre que les primaires de désignation qui ont consacré Ségolène Royal en 2007 ont déçu Bartolone? Alors que Aubry et Royal tentent d'afficher une parfaite entente -de façade ?- les propos du fidèle soutien de la première secrétaire risquent fort de remettre le feu aux poudres. Les quadras du PS comme Valls, Moscovici et consorts apprécieront également d'apprendre l'inutilité de concourir à des primaires jouées d'avance. Et Ségolène Royal, qui n'a pas dit son dernier mot, goûtera quant à elle la plaisanterie de Claude Bartolone qui semble trancher à sa place pour 2012. * * *
* Nous voilà prévenus, le candidat du PS selon Bartolone est à l'évidence DSK, le gourou du FMI. Les masques tombent, car Bartolone n'est pas n'importe qui au PS, bras droit de M.AUBRY, il doit avoir des assurances pour s'exprimer comme il le fait.
Qu'on ne vienne pas nous parler de rénovation du PS, de primaires des sympathisans de gauche, et autres sornettes, ce qui se prépare va ressembler aux magouilles rémoises d'une toute autre ampleur.
Qui peut croire que DSK obtient l'adhésion des français (hors Solférino) alors que dans son action au sein du FMI, il applique dans les pays en difficulté des politiques anti-sociales...
Encore une claque aux militants du PS qui croient encore à la démocratie dans le parti
