Bal tragique à Bruxelles

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Si les risques de contagion de la crise grecque sur l'ensemble de la zone euro n'étaient pas aussi inquiétants, le sommet européen de Bruxelles pourrait être traité à la légère. Comme un non-événement dont le seul résultat concret serait l'ours en peluche offert par Angela Merkel à Nicolas Sarkozy pour sa petite Giulia. Car pour en savoir plus, il faudra attendre mercredi et deux nouveaux sommets européens, à «27» puis à «17» (les pays de la zone euro).

Depuis des mois, le couple franco-allemand mène un bal européen tragique pour tenter de sauver les meubles face à la faillite d'Athènes. Un pas de deux qui évolue vers une valse à mille temps entre danseurs qui se détestent cordialement, chacun s'efforçant d'imposer sa propre cadence, lente pour Merkel, frénétique pour Sarkozy.

Hier, lors de leur conférence de presse commune, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont fait assaut d'amabilités pour masquer des divergences qui restent profondes. Celle qui surnomme son partenaire français «Monsieur Bla-Bla» n'a pas été en reste dans la litote censée rassurer les marchés et les opinions. S'il n'y avait «pas de décision» à attendre hier soir, «des préparatifs importants» ont été faits pour aboutir d'ici mercredi, a assuré la chancelière. Dans un flou artistique masquant les concessions que Paris doit faire à Berlin, Nicolas Sarkozy assure que les positions «se resserrent» sur le rôle et le financement du Fonds européen de stabilisation financière (FESF) qui les divise fondamentalement.

Seul accord visible: la mise en garde commune faite à Silvio Berlusconi face à la dette abyssale de l'Italie qui risque d'entraîner l'euro dans sa chute.

Hier, l'Europe a encore offert l'image dévastatrice d'un attelage qui tire à hue et à dia au lieu de s'unir dans l'adversité. Les «27» contestent au «17» de la zone euro le droit de décider pour tous. Le leadership orageux franco-allemand énerve tout le monde, et Sarkozy peste contre l'attentisme d'Angela Merkel. Depuis deux ans, l'Europe prend du temps, beaucoup trop de temps pour négocier des demi-mesures qui ne règlent en rien la crise de la dette. Les «17», et au-delà les «27» pays de l'Union européenne se comportent comme un vol de pigeons affolés par le ball-trap des agences de notation qui n'hésitent pas à tirer dans le tas.

S'il était censé rassurer, le sommet de Bruxelles a totalement raté son objectif: entre la pression mise sur les banques pour qu'elles abandonnent la moitié de la dette grecque (180 millions d'euros, une paille) et ses atermoiements sur le FESF, la perspective est plus sombre que jamais: pour les marchés, mais surtout pour l'ensemble des citoyens européens qui savent déjà qu'ils paieront au final la douloureuse.

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Publié dans Europe

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