Aubry et Hollande se disputent les grands barons du PS

Publié le par DA Estérel 83

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C'est la course de petits chevaux. Chaque jour, les élus du parti socialiste annoncent les uns après les autres leur ralliement à l'un des deux favoris de la primaire. Le plus actif est incontestablement François Hollande, parti plus tôt en campagne. Mais Martine Aubry, qui a réuni mardi 90 députés, devrait aussi pouvoir compter sur Jean-Noël Guérini, chef d'orchestre de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône. Il a échappé, mardi soir, à toute sanction du bureau national (BN) du PS, malgré un rapport accablant d'Alain Richard sur le fonctionnement du PS dans ce département. Selon Europe 1, Guérini devrait officiellement annoncer son ralliement à Martine Aubry, vendredi.

Mardi soir, sur les 27 votants du BN, seul Arnaud Montebourg, auteur d'un rapport à charge contre Guérini, a voté contre. «Le compte n'y est pas encore. Certes, il est obligé de partager le pouvoir, mais il le garde», explique le député de Saône-et-Loire, contre qui l'ancien chef de la fédération a déposé trois plaintes en diffamation.

Le BN a en fait suivi les conclusions de la commission d'enquête (voir le détail ici), présidée par l'ancien ministre de la défense de Lionel Jospin, Alain Richard. Celui-ci s'en est même pris aux méthodes de Montebourg, qui s'était appuyé sur des pièces de l'instruction en cours contre le frère de Jean-Noël, Alexandre Guérini, également membre du PS et mis en examen dans le cadre d'une enquête sur des marchés publics présumés frauduleux.

Ce désaveu de Montebourg, pourtant secrétaire du parti à la rénovation, a été accepté par tous les courants et par les proches de l'ex-première secrétaire, désormais candidate à la primaire. «Martine Aubry voulait les sanctionner, mais Montebourg est parti trop vite. Il n'y avait pas assez de preuves... C'est pas si évident de trouver une justification statutaire», justifie un des animateurs de sa campagne à la primaire. Sans compter qu'elle a été échaudée par le précédent dans l'Hérault, rappelle-t-il.

En 2010, Martine Aubry avait en effet poussé à la constitution de listes dissidentes contre les partisans de Georges Frêche, listes qui avaient subi un cuisant échec lors des élections régionales. «Martine a été vaccinée», précise un de ses partisans. Avant d'ajouter: «Et puis je ne suis pas sûr que le soutien de Guérini lui soit si profitable.»

D'autres pointent aussi le contexte délicat pour les dirigeants socialistes, qui dépendent − du moins dans la couverture médiatique − des rebondissements judiciaires de l'affaire DSK aux États-Unis. Aubry notamment, alliée à l'ancien directeur général du FMI depuis trois ans, a eu toutes les peines du monde pour faire parler de sa candidature: son annonce a tout de suite été étouffée par la libération des otages d'Afghanistan, puis la nomination de Christine Lagarde au FMI, avant d'être complètement parasitée par le possible non-lieu de DSK.

"On est dans la première étape"

 

Mais, chez François Hollande aussi, on admet avoir été «déstabilisé». Lors de son arrestation, «il a fallu qu'on se réajuste, explique l'eurodéputé Stéphane Le Foll. Maintenant il faut essayer de s'extraire de cette actualité et reprendre la discussion politique sur le fond». Mais le fond, pour l'instant, ressemble plutôt à la chasse aux soutiens des barons socialistes. Comme si le dicton selon lequel on ne peut gagner un scrutin interne au PS qu'avec le soutien des fédérations du Nord et des Bouches-du-Rhône, était toujours de mise pour une primaire dite «ouverte».

François Hollande est d'ailleurs dans la même logique: il est parvenu à s'assurer le soutien de plusieurs personnalités du parti, comme Pierre MoscoviciVincent PeillonJean-Marc Ayrault (le président du groupe socialiste à l'Assemblée), le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen, le président de la région Bourgogne François Patriat ou le maire de Lyon Gérard Collomb.

Et pour marquer son territoire, il n'a pas non plus hésité à s'afficher aux côtés d'un exclu de l'Hérault justement: Robert Navarro, ancien premier fédéral et très proche de feu Georges Frêche, contre qui le PS a déposé plainte pour abus de confiance«Pour Guérini, il y a un problème judiciaire avec son frère qui est lourd. Navarro, je connais bien son côté terreur. Mais il y a une opposition dans la fédération. Ce n'est pas pareil!», justifie Stéphane Le Foll, ancien directeur de cabinet de Hollande à Solférino.

«Ils font un congrès entre Aubry et Hollande», peste un proche de Montebourg. Rejoint par un membre de l'aile gauche du parti: «Les choix de soutien des uns et des autres sont dictés par le congrès du parti, ils rejoignent les découpages classiques des courants. Et puis ils anticipent des avantages à terme pour les places.»

Les «aubrystes», très critiques sur la gestion du PS par François Hollande au cours de ses onze années passées à la tête du parti, soufflent notamment que nombre d'élus locaux choisissent l'ancien premier secrétaire pour préserver leurs mandats locaux. «Dans les couloirs, des élus locaux expliquent qu'ils sont pour Hollande parce qu'il ne viendra pas remettre en cause le cumul», lâche un partisan de la maire de Lille.

Celui-ci cite notamment l'exemple de Daniel Percheron, président de la région Nord-Pas-de-Calais, soutien de Hollande et qui se représente aux sénatoriales − comme tête de liste, contre l'avis de l'ex-première secrétaire. Le Foll, lui, préfère parler de la «base solide» construire par Hollande, qui connaît les fédérations par cœur: «Il a laissé beaucoup de traces. Aujourd'hui, on est dans la phase d'élargissement de notre base, et ça se passe plutôt bien.»

Pour les plus optimistes, la course aux grands élus locaux est logique avant le lancement officiel de la campagne. Ainsi, Olivier Ferrand, fondateur du centre d'études Terra Nova et artisan de la primaire: «Elle ne commence que le 13 juillet (date de clôture des candidatures, ndlr).Là, on est dans la première étape plutôt interne et politique. Parce qu'il faut collecter des signatures et qu'il y a un enjeu d'image. Les candidats veulent montrer qu'ils s'inscrivent dans un collectif. Ensuite, ce sera la phase de la primaire citoyenne, tous les candidats l'ont bien compris.»

Olivier Ferrand admet juste que la démarche nécessite un «changement culturel» inédit pour le PS, et donc pas évident. «Il faut que cela se déploie, y compris en termes d'organisation. Il ne faut plus faire de fêtes de la Rose mais des réunions citoyennes. Mais déjà, avec les sites internet, comme ce que font par exemple Arnaud Montebourget Martine Aubry, on est en train de basculer d'une campagne interne vers une campagne externe», espère Olivier Ferrand.

Mais, préviennent plusieurs cadres du PS, une primaire «ouverte» dépendra fortement de la capacité de mobilisation de chaque fédération.«Notre capacité à mobiliser nos réseaux dépend de l'implantation du parti», explique l'un d'entre eux. En résumé: le vote des citoyens non encartés sera déterminant, le soutien des grosses fédérations tout autant. Quitte à s'afficher avec Guérini.

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Publié dans PS

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J
<br /> Le score de 17% montre toute l'angoisse des français envers cette Europe qui soviétise les républiques une à une sous le joug de la finance et des banques. Par contre le discours de monsieur<br /> Montebourg devra rester fidèle et ne pas se chevènementiser sous peine de suicide politique. D'ailleurs Marine Le Pen, JL Mélanchon et maintenant A Montebourg fédèrent le combat anti européen des<br /> 56% de non de 2005, bien qu'ils aient des sensibilités et approches différentes. Monsieur Valls, bon dernier de la classe, doit revoir sa copie ou changer de parti au prochain mercato.<br /> <br /> <br />
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