Au feu,les pompiers !

Publié le par DA Estérel 83

 

 

 

Jean-Pierre Raffarin ne dira donc rien qui puisse affaiblir son camp. Un rien qui en dit pourtant beaucoup.

 

 

Alors que, les uns après les autres, les sondages confirment que ça sent de plus en plus le cramé pour Nicolas Sarkozy, alors que sa chasse effrénée aux électeurs du FN n'en finit pas de provoquer des départs d'incendie à l'intérieur de la majorité, voilà que deux anciens premiers ministres de Jacques Chirac viennent jouer les pompiers. Fort bien. 

Sauf qu'à l'évidence Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, qui se sont tour à tour exprimés dans «Le Monde», n'ont pas la même façon d'utiliser la grande échelle et d'employer la lance à incendie. Pour le premier, la technique consiste en effet plutôt à retirer l'échelle sur laquelle Nicolas Sarkozy s'évertue à remonter dans les sondages en sciant méthodiquement les barreaux. 

Pour le second, l'essentiel serait plutôt d'attaquer le sinistre avec une prudence de Sioux afin d'éviter qu'au final les dégâts des eaux ne s'avèrent tellement importants qu'ils conduisent à la destruction inéluctable de la maison UMP. En lançant son «halte au feu», Dominique de Villepin tire la sonnette d'alarme contre le «débauchage sans vergogne de voix extrémistes» qui fait que «les lignes rouges sont franchies une à une». L'héritier du chiraquisme et du gaullisme est évidemment dans son rôle. 

De là - même s'il n'hésite pas à rappeler son heure de gloire avant le déclenchement de la guerre d'Irak... - à se prendre pour un éventuel futur recours, il y a évidemment quelques grandes enjambées à accomplir... Car, Villepin, combien de divisions ? On peut certes ironiser sur ce retour en scène de celui qui n'aura pas même réussi à réunir les 500 signatures pour être candidat. On pourra également y voir l'expression de cette haine sans fond pour celui qui rêvait de l'accrocher à un croc de boucher. 

Il reste que Villepin a raison de dénoncer haut et fort «le poison mortel qui menace la droite». Autre façon de mener le combat: celle de Jean-Pierre Raffarin. Tout en rondeur et en nuance, celui que l'actuel Président désigne pourtant régulièrement par un condescendant «ce pauvre Jean-Pierre», fait le dos rond en estimant que l'heure est au combat et que dans celui-ci... «l'honneur c'est la loyauté» ! Il ne dira donc rien qui puisse affaiblir son camp. Un rien qui en dit pourtant beaucoup. 

Des non-réponses sur la menace de Sarkozy de suspendre unilatéralement les accords de Schengen ou encore sur la stratégie de droitisation de Patrick Buisson qui résonnent comme autant de confessions sur la souffrance muette que doit endurer l'humaniste et l'Européen, l'ex jeune giscardien et le vieux compagnon de gouvernement de Chirac. 

Entre la souffrance muette de Jean-Pierre Raffarin et l'attaque sabre au clair de Dominique de Villepin, on peut se demander ce qui doit inquiéter le plus le candidat-président.

Publicité

Publié dans UMP

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article