Au Bourget Hollande décolle !

Publié le par DA Estérel 83

BlogsMediapart  un incertain regard

 

 

 

Chouette nous avons un vrai candidat de gauche, on avait cru que c’était un oligarque, mou, et flou, et nous voilà en face d’un homme déterminé, précis, inspiré et efficace. 

 

Il a réussi à faire le discours nécessaire et utile pour sa campagne, avec des propositions, en dénonçant en même temps le bilan désastreux de Sarkozy. C’est presqu’inattendu. François Hollande aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent, c’est beau comme de la poésie. Ses phrases coulent, avec même quelques discrets jeux de mots : les circulaires empêchent la circulation. Il fait même un joli lapsus en mélangeant, confiance et conscience dans un même mot.

Son discours aurait plu à l'historien Marc Bloch qui disait que, pour être Français, il fallait être à la fois ému par le souvenir du sacre de Clovis à Reims et par le récit de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790.

Je ne suis pas indifférent non plus, à son évocation des pendus de Tulles, et du programme du Comité National de la Résistance.

Et puis surtout, François Hollande se met à répéter et décliner le mot égalité : Chaque nation a une âme. L'âme de la France, c'est l'égalité, c'est pour l'égalité que la France a fait sa révolution en 1789, que la France s'est soulevée en 1848Est-il conscient que c’est Maximilien Robespierre, le premier, qui a proposé la formule : Liberté, égalité, fraternité? Et qu’il ne fut pas suivi, ce jour-là par l’AssembléeNationale? 

Hollande continue : L'égalité ce n'est pas l'égalitarisme, l'égalité ce n'est pas l'assistanat, l'égalité c'est la solidarité. Et c’est bien cela dont notre pays à besoin, de la solidarité, et de la justice! Il faut que la classe politique donne l’exemple, assure-t-il, et il promet qu’il baissera la rémunération du chef de l’État et des Ministres de 30%. On a envi de le suivre : Mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, il ne présentera jamais sa candidature, cet adversaire, c'est le monde de la finance.

On est content ! 

Et puis évidemment, on aimerait en savoir plus ! Est-ce qu’il remet l’Europe Libéral ? Est-ce qu’il va nationaliser commeMaurois, en payant tout rubis sur l’ongle, et en offrant aux possédants la possibilité de jouer l’argent reçu ?

Est-ce qu’il va faire comme Jospin qui fut, un si bon premier ministre, bon gestionnaire et aussi libéral que possible? Jusqu’où Hollande va t’il empêcher la spéculation ? Quand il dit qu’aucune banque Française ne pourra avoir des filiales dans les paradis fiscaux, c’est tellement contraire à ce qui se passe qu’on demande à voir…

C’est un premier discours, comme un premier épisode de série, on est appâté en tout cas. On aimerait voir le deuxième. Bref, on verra bien,  les professionnels des médias-  vous savez ceux-là que certains appellent les chiens de garde - vont avoir du mal à nous faire croire que le Peuple Français – celui que l’on dit Souverain - ne se passionne pas pour les élections.

Le principal challenger a ôté son peignoir, et monte sur le ring, on va voir ce qu’on va voir.

 Comme je fais toujours du mauvais esprit, et parce que François Hollande a souligné,  pour une fois, l’importance de la culture - domaine où j’essaye de survivre - j’aimerais signaler une petite erreur culturelle.

Tous les commentateurs reprennent la magnifique phrase de Shakespeare, que Hollande a prononcé: Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve, Je ne voyais pas d’où provenaient ces paroles, et je n’ai trouvé, sur Internet, que des sites de citations qui attribuaient cette phrase à Shakespeare.

Au milieu des dizaines de sites de citation, une page de discussion indiquait que ce ne serait pas William, mais Nicholas qui aurait écrit, en 1989, cette jolie phrase, dans un roman La Vision d'Elena Silves.

C’est une histoire qui raconte l'amour hors du commun de Gabriel, un révolutionnaire marxiste, pour Elena Silves, jeune catholique mystique, enfermée dans un couvent après avoir eu une vision. Quand on cherche à communiquer sa vision d’avenir, il vaut mieux ne pas attribuer à William ce qu’il faut rendre à Nicholas, parce qu' on n'arrivera pas à rêver sur de bonnes bases. Tu te rends compte Hollande, il ne vérifie même pas ses textes de citation dans une bonne édition de sa bibliothèque, il tape http://www.evene.fr/citations, c’est pas sérieux çà. Comment tu veux qu’il dirige la France avec ce genre de pratique?

Bon je rigole. Si vous pensez que c'est vraiment William Shakespeare, et que vous en fournisez la preuve. Je me battrais la coulpe. 

De toutes les manières ce n’est pas avec un seul discours qu’il va me faire changer d’avis pour le premier tour. Il faut qu’il m’explique bien comment il va s’occuper des banques parce que cela m’intéresse.

PS: (Si j'ose dire) À noter l'incroyable intelligence de l'agence de communication qui travaille avec François Hollande, ils-ont souligné le fr du prénom du candidat. C'est à la fois magnifiquement nationaliste et parfaitement moderne, et puis cela ancre la personne du candidat vraiment dans le paysage Français! Ce gars s'appelle Français, pas plus, pas moins! Dommage, juste, que son nom de famille parte vers les Pays-bas. Si vous avez lu mon billet sur Orwell, alors vous voyez que je fais à ma guise et que je suis un allié objectif de la réaction. 

                                                                         * * *

C'est surtout à partir des primaires et ensuite de ce premier discours que je sors conforté dans mon choix et je ne changerais pas d'avis.

Hollande est la seule voie pour bouter hors de l'Elysée l'usurpateur (terme favori de l'UMP pour qualifier la gauche après les élections de 1997)

Signature Serge 

 

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Publié dans HOLLANDE

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V
pas un mot sur Ségolène et ses 17 millions d'électeurs de 2007, cette France qui voulait changer, vraiment, de système est orpheline et Hollande n'ayant plus besoin d'elle, le comité de Falorni<br /> pour la Rochelle reprend des couleurs afin de mettre Ségolène à la porte des législatives, je savais qu'elle ne devait pas faire confiance à Solférino, cela se concretise, c'est honteux, à vomir !
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