Argent liquide, rendez-vous: la campagne de Sarkozy revient au centre de l’affaire

Publié le par DA Estérel 83

Mediapart-copie-1 23 Juillet 2010 Par 

Les conditions de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy sont à nouveau au centre de l'affaire Bettencourt. L'hebdomadaireMarianne révèle dans son édition du samedi 24 juillet un nouvel élément renforçant les soupçons de financement illégal de cette campagne de 2007.

Selon l'hebdomadaire, la banque Dexia a refusé, en décembre 2006, à Liliane Bettencourt un retrait de 500.000 euros en espèces. «Devant l'énormité d'un tel retrait, et craignant sans doute d'avoir à se justifier devant Tracfin, l'organisme chargé de la lutte contre les mouvements illicites de capitaux, les responsables de la banque ont refusé de lui accorder une telle somme», écrit l'hebdomadaire (lire ici).

Cela pourrait expliquer le retrait, toujours à la banque Dexia, de 100.000 euros en liquide qu'aurait effectué le 21 décembre Claire Thibout, l'ex-comptable des Bettencourt étant mandatée pour cette opération par une lettre écrite de Liliane Bettencourt accompagnant un chèque.

Dans ses déclarations à Mediapart, publiées le 6 juillet (à lire ici), Claire Thibout n'avait pas évoqué ce retrait. Mais elle avait révélé la demande qui lui avait été faite par Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt, de lui fournir 150.000 euros devant être remis à Eric Woerth pour le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. L'ex-comptable a ensuite confirmé cette demande à plusieurs reprises devant les enquêteurs, tandis que Patrice de Maistre a démenti.

Ce retrait important d'argent liquide, auquel s'ajoutent ceux effectués à la BNP et destinés à «Monsieur» – 180.000 euros les quatre premiers mois de 2007 –, comme l'indiquent les carnets de caisse de l'ex-comptable, renforce le témoignage de l'ex-comptable. Les noms des politiques ne figuraient généralement pas dans les carnets. A la place, Claire Thibout a assuré à Mediapart et à la police qu'elle mentionnait généralement le nom d'André Bettencourt, décédé en novembre 2007, résumé en «Monsieur», qui d'après elle «s'occupait» des politiques (lire ici notre enquête sur les carnets de caisse).

D'autres éléments, concernant cette fois des rendez-vous, éclairent l'affaire d'un jour nouveau. Entendue par la juge Prévost-Desprez le 16 juillet, Claire Thibout a produit son agenda pour dater précisément un rendez-vous avec Liliane Bettencourt et Patrice de Maistre visant à remettre de l'argent liquide au gestionnaire de fortune. «A la date du 18 janvier 2007, j'ai inscrit "rendez vous madame Bettencourt pour donner enveloppe qui donnera à Patrice"», a-t-elle déclaré à la juge. Ce rendez-vous est par ailleurs confirmé par l'agenda de Liliane Bettencourt, nous a précisé l'avocat de l'ex-comptable.

Claire Thibout a poursuivi son récit devant la juge Prévost-Desprez en ces termes: «En réalité, j'ai donc donné 50.000 euros en espèces à Liliane Bettencourt pour Patrice de Maistre (...) Quand Patrice de Maistre est arrivé, j'ai remis l'enveloppe à Liliane Bettencourt qui l'a remise à son tour à Patrice de Maistre. J'étais donc présente lors de cette remise d'enveloppe. Patrice de Maistre m'avait dit qu'il voulait que ça passe par Liliane Bettencourt» (lire ici le compte-rendu de son audition par la juge).

Dans de précédentes déclarations, que ce soit à Mediapart ou à la police judiciaire, Claire Thibout a affirmé que le reliquat de 100.000 euros réclamé par Patrice de Maistre pour le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy avait été prélevé sur l'un des comptes suisses non déclarés au fisc français détenus par les époux Bettencourt.

Or dès le lendemain de ce rendez-vous, le 19 janvier 2007, Patrice de Maistre a rencontré pour un café Eric Woerth. C'est ce que son audition par les enquêteurs, qui ont également saisi ses agendas, a permis d'établir. Un nouveau rendez-vous entre les deux hommes, pour un café toujours, a également eu lieu quelques jours plus tard, le 7 février 2007. Ces enchaînements de dates, de retraits d'argent liquide, de rendez-vous entre Eric Woerth et Patrice de Maistre renforcent les interrogations sur l'ampleur et la légalité de la contribution des époux Bettencourt à la campagne de Nicolas Sarkozy.

 

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Sur la fraude éventuelle lors de l'élection de 2007, voir l'interviex de N.Belkacem sur LCI

 

http://videos.tf1.fr/infos/invite-politique-barbier/lci-najat-belkacem-est-l-invitee-politique-de-christophe-barbier-5927585.html

 


 

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Publié dans Politique

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