Après Marseille, Vincennes : la vague de gauche va tout emporter
Par Dante
La vague arrive cet après midi à Vincennes. Elle est partie de la plage du Prado, à Marseille, où des dizaines de milliers de citoyens ont acclamé Jean-Luc Mélenchon. Plus combatif que prévu, plus mordant encore, renvoyant à leurs chères études les médias qui, depuis quelques jours, l’installent dans les législatives, pour attenuer sa course de premier tour.
Y penser toujours, n’en parler jamais… Mélenchon a retenu la leçon de François Mitterrand et débouché politique il y aura bien sur pour le Front de Gauche et le PC mais pour l’heure, il ne parle que de ce premier tour, ne pense qu’à ce premier tour, espérant décrocher la lune : passer devant Marine Le Pen et faire monter ses suffrages bien au dessus de 15%. Si l’on en croit la liesse, les visages réjouis, la diversité des citoyens venus l’écouter sur la plage de Marseille, on peut difficilement imaginer un Mélenchon en dessous des 15% le 22 avril prochain.
Une aubaine pour François hollande car cette ferveur, cette liesse qui semblent être l’apanage de la campagne Mélenchon rejaillit inévitablement sur celle du candidat qui peut l’emporter face à Nicolas Sarkozy le 6 mai prochain,
Et cette vague, qui monte de la Méditerranée devrait toucher Vincennes cet après midi. D’abord parce que les militants socialistes auront à cœur très certainement de faire aussi bien que leur ancien camarade du parti socialiste. Depuis des mois, les médias répètent en boucle qu’il n’y a pas d’allegresse dans la campagne de Hollande, pas de joie, pas de rêve. C’est à la fois injuste car les grands meetings, comme celui de Rennes, le 4 avril dernier, avec Ségolène Royal ou celui du Bourget, le 22 janvier, ces grands meetings résonnent tous d’une ferveur réelle, et d’une envie profonde de gagner. Ce ne sont pas des salles plan plan. Pour le reste, la stratégie arrêtée de la normalité et de la course de fond contraint évidemment le candidat à des postures et des scénographes qui n’ont rien d’échevelée, ni de survoltée, et à un discours de raison qui tient en une promesse courageuse : je ne promettrai pas ce que je ne peux pas tenir.
Vincennes devrait donc être l’un de ces moments où l’on se lâche, où l’on allume une peu le feu. Les militants socialistes, qui mobilisent depuis plusieurs semaines sont persuadés qu’ils réussiront leur pari : un moment populaire, festif et très politique.
Marseille / Vincennes : démonstration de force d’une gauche qui veut gagner, n’éprouve plus la peur de perdre, cette peur du 21 avril, déjà effacee en 2007 par l’accession au second tour de Ségolène Royal et totalement oubliée en 2012 car l’enjeu est si fort, si crucial que le débat, clivé au possible gauche /droite, ne devrait révéler aucune mauvaise surprise de premier tour.
À 7 jours de ce premier tour justement, la gauche se présente en force. En face, l’UMP broie du noir. Contraint par les temps de paroles verrouillés, appuyé uniquement sur ses propres forces, ne portant aucun projet et plombe par un bilan désastreux, un désamour qui ne se dément pas, Sarkozy a promis une adresse à la France silencieuse, celle qu’il croit pouvoir séduire le 22 avril prochain. Aujourd’hui, nul doute qu’il fera Concorde comble pour ce show mais ça ne restera qu’un show, une coquille vide car la dynamique est bel et bien à gauche… Chez Jean-Luc Mélenchon qui réveille les citoyens et chez François Hollande qui leur offre un projet crédible et une vision d’avenir.
La vague va tout emporter. Sarkozy le sait. Son barrage contre les pacifiques est trop fissuré pour résister.
