Alliot-Marie en sursis au gouvernement
L'Elysée aurait programmé le départ de la ministre des Affaires étrangères, selon un proche du chef de l'Etat. Alain Juppé fait figure de favori pour la remplacer. A l'UMP, des personnalités réclament un remaniement rapide.
Les jours de Michèle Alliot-Marie au gouvernement sont-ils comptés ?« Clairement, la question ne se pose pas », a répondu hier le porte-parole du gouvernement, François Baroin, après le Conseil des ministres. Pourtant, selon un proche du chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy aurait bel et bien décidé de se séparer de sa ministre des Affaires étrangères, mise en cause depuis des semaines pour ses vacances en Tunisie et son indulgence supposée avec le régime Ben Ali. Son départ est souhaité à demi-mot par un nombre croissant d'élus de la majorité. Mardi, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a, sur Europe 1, exprimé le souhait d'« une relance politique » après les élections cantonales de mars. Le député parisien Bernard Debré a même jugé ce remaniement « nécessaire ». Si l'Elysée avait déjà laissé entendre, après la formation, mi-novembre, du gouvernement Fillon III, que des « réajustements » étaient possibles, avec trois secrétaires d'Etat supplémentaires, il serait aujourd'hui surtout question de trouver un successeur à Michèle Alliot-Marie.
Juppé favori
Le second tour des cantonales (le 27 mars), « c'est encore loin, tempère un élu UMP. Nicolas Sarkozy déteste agir sous la contrainte. C'est son côté mitterrandien ». « Il répète souvent qu'Eric Woerth a payé cher l'addition, qu'il regrette d'avoir dû s'en séparer », note un autre député du parti présidentiel. Nicolas Sarkozy aura peut-être moins d'hésitation avec Michèle Alliot-Marie, peu soutenue par les parlementaires de son camp. « Si rien n'est illégal, on peut regretter ses erreurs de communication », estime l'élue de Seine-et-Marne Chantal Brunel. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est contenté hier d'un soutien a minima : « Je ne me suis jamais exprimé sur les remaniements, je ne suis pas en charge de ces questions », a-t-il insisté, rappelant que ces décisions incombent au président et à son Premier ministre.
Reste pour l'exécutif à choisir un remplaçant à Michèle Alliot-Marie. L'hypothèse Laurent Wauquiez, le numéro deux du Quai d'Orsay, présent mardi en Tunisie aux côtés de Christine Lagarde, est jugée peu probable. Le ministre de la Défense Alain Juppé fait figure de favori parmi les députés. Ce serait pour lui un retour aux sources.
