Affaire Tapie Lagarde: l’analyse clairvoyante de Philippe Bilger

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart  Par Laurent MAUDUIT

 

 

 

Dans un bel article intitulé «Il ne faut pas baisser la garde», Philippe Bilger, qui est avocat général à la Cour d'appel de Paris, fait une analyse réjouissante sur son blog de l'ouverture de l'enquête visant Christine Lagarde pour son rôle dans l'affaire Tapie décidée le 4 août par la Commission des requêtes de la Cour de justice de la République. De sensibilité de droite mais esprit libre, il fait des constats qui retiennent l'attention.

Le constat d'abord que la presse, en ce domaine, n'a pas toujours fait son travail. «A croire que les journalistes - je ne suis pas loin de le croire- ont l'investigation paresseuse et la lucidité égarée quant à la hiérarchie des sujets et des priorités», écrit-il.

 

Le constat ensuite que les qualifications pénales retenues pour l'ouverture de l'enquête ont changé la donne : «Si cette focalisation, aujourd'hui, s'est opérée, c'est sans doute à cause de la nouvelle elle-même qui n'est pas neutre en République mais surtout parce que sa substance juridique et son poids judiciaire ne pouvaient manquer d'alerter même les plus négligents des observateurs. En effet, alors que Jean-Louis Nadal avait visé dans sa saisine l'abus d'autorité, la commission des requêtes, après un long délibéré et, paraît-il, houleux a retenu, au sujet de Christine Lagarde, les infractions de complicité de faux et de complicité de détournement de biens publics. Il est clair qu'au-delà de l'apparence technique, on est passé d'un délit sophistiqué, difficilement compréhensible et maîtrisable, à des accusations lourdes, ostensiblement humiliantes et assimilables, dans leur portée, par tout citoyen. Ce n'est pas la même chose, sur le plan international, de se voir imputé le premier infiniment vague et complexe ou les secondes qui, pour être inscrites dans le champ national, auront évidemment des effets de dérision ou d'indignation sur les actions à venir de l'ancienne ministre. Comment Aurélie Filippetti peut-elle proférer cette ânerie que les entreprises et la légitimité internationales de Christine Lagarde ne seront pas affectées par le coup de tonnerre français (JDD) 

 

Le constat enfin qu'il n'y a aucune bonne raison pour que l'affaire traîne en longueur, comme certains le souhaitent : «Dans le même registre, je suis étonné de lire depuis quelques jours une information, discutée par personne, selon laquelle la commission d'instruction travaillera durant des années et sera susceptible d'ordonner un non lieu. On sent comme une secrète jouissance collective derrière ce pessimisme. Pourtant, pourquoi serait-il fatal qu'une affaire comme celle-ci, vieille de 19 années si on compte large, soit encore retardée par une instruction au ralenti ? Y aurait-il là encore un privilège du politique pourtant soupçonné du pire mais qui serait assuré de la sage et réconfortante lenteur des magistrats ? C'est le contraire qui devrait se produire.»

Lire le billet de blog de Philippe Bilger

 

 

 

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Publié dans Affaires

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V
<br /> c'est une des choses à mettre vite en place en 2012, un traitement des affaires mettant en cause des politiques à une allure normale, si non, Sarko sera mort lorsque la dernière affaire le<br /> concernant viendra en jugement !<br /> <br /> <br />
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