Actualisation de l'article de Médiapart sur Sarkozy / Kadhafi

Publié le par DA Estérel 83

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Actualisation, lundi 30 avril 2012 au matin : depuis la mise en ligne de cet article, dans la soirée du dimanche 29 avril, deux événements prévisibles sont intervenus.

D'une part, l'ex-chef des services de renseignement extérieur libyen et signataire du document que nous avons révélé, Moussa Koussa a déclaré à l'AFP : « Toutes ces histoires sont falsifiées. Il est clair que tout ce qui se dit est sans fondement. La question ne mérite pas que l'on s'y arrête. » Comme Bachir Saleh, le destinataire de la note, M. Koussa est protégé par la France (qui a aidé à son exfiltration de Libye) et par le Qatar (où il vit tranquillement après un passage par Londres), soit les deux pays qui ont emmené la coalition dans la guerre en 2011.

Or, comme l'ont raconté nos confrères de la BBC (lire ici), Moussa Koussa est soupçonné d'être complice d'actes de tortures en Libye, tout comme Bachir Saleh fait l'objet d'un mandat d'Interpol pour fraude émanant de la Libye (voir ci-contre, lire ici et les détails ). En d'autres termes, le signataire et le destinataire du document sont protégés par la France et son allié, le Qatar, qui n'ont pas jugé bon de les livrer aux nouvelles autorités du pays qu'ils prétendent avoir libéré de la dictature dont MM. Koussa et Saleh étaient des rouages essentiels. Nous ne pouvons exclure, évidemment, que cette protection soit liée aux faits qui sont au cœur de notre enquête.

D'autre part, Nicolas Sarkozy, fort de ces deux démentis, a annoncé, lundi matin sur France-2, qu'il allait déposer plainte contre Mediapart, en ces termes : « Le canard, on lui a coupé la tête. C'était un document faux. Mediapart est une officine, Monsieur Plenel c'est le bidonnage à chaque fois, ce document est un faux grossier. » Avec le soutien de ses lecteurs, Mediapart fera face sereinement à ce procès intenté par un président et candidat sortant qui, jusque dans l'annonce de ces poursuites, montre sa détestation de la liberté de la presse et de la profession de journaliste.

Interrogé sur Europe 1, lundi matin également, le candidat de la gauche au second tour de l'élection présidentielle, François Hollande, a répondu aux accusations lancées par le pouvoir de collusion entre Mediapart et le Parti socialiste : « Ce site est un site d'investigation, d'informations, c'est arrivé qu'il accable quelquefois des personnalités de gauche, a-t-il déclaré. Donc je ne vois pas comment il pourrait être établi qu'il y aurait là comme une relation, une confusion entre les socialistes et ce site d'information, qui, je le rappelle, est composé de journalistes reconnus. » « On peut les aimer ou ne pas les aimer mais ce sont des journalistes qui ont sur plusieurs affaires démontré leur compétence », a poursuivi le député de Corrèze. « J'aurais inspiré quoi que ce soit, qui que ce soit, qui peut le penser ? a enfin demandé François Hollande. Vous croyez que j'ai besoin moi qu'il y ait des journaux qui sortent des affaires, vous pensez que c'est comme ça que je pense gagner l'élection présidentielle ? »

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Publié dans Affaires

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