AAA, le mauvais tour de « l'artificier de l'Elysée »
Gaulliste libre
UN ÉCHEC DE COMMUNICATION
Mais il est proprement sidérant de voir le Premier ministre François Fillon riposter à François Hollande en lui proposant de faire noter son programme par les agences de notation. Comment un ancien séguiniste peut-il proposer à un candidat à l’élection présidentielle de passer son programme sous de telles fourches caudines ? Même Alain Madelin n’avait pas osé une telle perversion de la démocratie, qui revient à placer la politique sous les ordres des marchés !
UN ÉCHEC DE PLUS AU BILAN
L’autre point mis en avant est que, contrairement aux fables racontées à l’occasion de chaque sommet européen, la stabilité de la zone euro est toute sauf acquise. Les négociations sur larestructuration de la dette grecque sont au point mort et la France est caution de 159 milliards d’euros dans le FESF. Il n’est donc pas injuste d’en prendre compte. Enfin, les leçons de rigueur de Nicolas Sarkozy sont à relativiser par le rapport sévère que la Cour des Comptesavait émis début 2010.
UN ÉCHEC DANS LES SOLUTIONS
Mais ce qui est très intéressant ici, c’est surtout de constater à quel point le président n’a aucune véritable solution. Comme le soulignent les agences, une austérité sauvage n’est pas la solution, car, en dégradant l’économie, elle annule quasiment tout l’effet des plans de hausses d’impôt ou de coupes de dépenses, comme on le voit bien en Grèce, en Espagne ou au Portugal. C’est pourquoi l’objectif d’équilibre budgétaire en 2016 de François Bayrou est totalement suicidaire.
La solution, comme l’a bien expliqué Paul Krugman, consiste à lever en partie la contrainte budgétaire, pour ne pas casser la croissance, contrairement à ce qui est fait en Europe, en monétisant. En effet, la France serait protégée de l’avis des agences (voir même potentiellement mieux notée), si elle pouvait monétiser en partie sa dette (en revenant sur la loi de 1973 et l’article 123 du traité de Lisbonne). Paradoxalement, les investisseurs n’auraient plus à craindre un défaut…
Comme souvent, l’artificier de l’Elysée se prend les pieds dans ses annonces. Il a beaucoup joué sur la notation de la France, et une agence vient de faire de lui le premier président à perdre notre AAA. Une nouvelle pièce au dossier de son bilan calamiteux.
