A Rouen, Hollande se livre et éreinte Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

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François Hollande : "L’heure du choix arrive, je propose le changement."

 

Maison natale, école maternelle, club de foot, souvenirs affectifs... François Hollande, candidat socialiste à l’Élysée, a livré quelques souvenirs sur son enfance rouennaise, au cours d’une visite qu’il a qualifiée d’"émouvante" dans le centre-ville hier, avant de tenir un meeting au cours duquel il a dit "que l’heure du choix arrive" et qu’entre "la continuité et le changement" il "propose le changement".

"On ne peut pas redistribuer sans produire"

 "Ici, j’y suis né, j’ai forcément un lien", a dit le candidat, devant la presse, rue des Carmes, où se trouvait sa maison, avant la tenue d’un meeting au Grand-Quevilly, fief de Laurent Fabius. Le fils cadet du docteur Georges Gustave Hollande, médecin ORL, propriétaire de clinique avant de se recycler dans l’immobilier à Neully-sur-Seine, a "appris de cette expérience rouennaise beaucoup", une "terre ouvrière" et en même temps "la campagne", ajoute-t-il. "Et puis après j’ai été transporté en Corrèze", complète-t-il. Entre-temps il avait étudié au lycée à Neuilly, à HEC et à l’ENA.

Il confie : "Le lundi matin, quand je lis L’Equipe, je regarde le résultat du FCR (Football club de Rouen) depuis 35 ans." Au foot, "j’y ai joué, j’étais minime et cadet". "Quand mes parents ont déménagé, j’avais 13-14 ans, on est toujours un peu malheureux. Mais ils m’ont rendu grand service aussi, parce qu’ils m’ont permis d’arriver à Paris, de faire des études." Après, "quand j’étais à Paris, je revenais tous les week-ends voir des amis". Ce sont "tes premiers souvenirs affectifs ?", interroge Laurent Fabius. "Heu... voilà, je n’en dirai pas plus", rigole Hollande.

Lors de son discours du Grand-Quevilly, le candidat socialiste a déclaré que "l’on ne peut pas redistribuer sans produire". Il a demandé "un taux d’impôts sur les entreprises qui soit faible pour les petites entreprises, moyen pour les PME, plus élevé pour les grandes entreprises" ainsi qu’une taxe plus forte sur les bénéfices redistribués aux actionnaires (dividendes) que sur ceux qui sont réinvestis.

François Hollande a raillé une politique qui "pendant dix ans a distribué des aides (aux entreprises) sans contreparties". "Les incantations, “le plus jamais ça” sont restés lettre morte", a encore dénoncé le candidat qui a moqué un "ersatz de taxe sur les transactions financières", prévu par Nicolas Sarkozy, prônant pour sa part une "véritable" taxe de ce type. Et d’attaquer en notant que "le président candidat est candidat président", qu’il est "depuis cinq ans en campagne et qu’à peine entré il était déjà sortant", alors qu’il "s’est trompé pendant cinq ans". Hollande a réfuté le mot de "bilan", parlant de "fiasco".

LA FINANCE, ENNEMIE OU ALLIÉE DU CANDIDAT SOCIALISTE ?

 

Après avoir dépeint « la finance » comme son « adversaire », François Hollande a semé la discorde à gauche en affirmant outre-Manche qu’il « n’y a pas de communistes » en France et en vantant une gauche qui en quinze ans a « ouvert les marchés à la finance et à la privatisation », ajoutant à l’intention des lecteurs du Guardian : « Il n’y a pas de crainte à avoir ».


M. Hollande « est mal informé, ça lui promet quelques déboires », a réagi Jean-Luc Mélenchon qui a ensuite clos l’incident. Eric Coquerel (PG), s’est demandé « s'il y a bien encore un candidat socialiste ». « Les 132 000 adhérents du PCF et ses 10 000 élus seront contents » d'apprendre qu'il n'y a « plus de communistes en France », avait déploré Olivier Dartigoles (PCF). Rectifiant son propos, en déplacement à Saint-Étienne mardi, M. Hollande a voulu s’expliquer : « Oui il y a un Parti communiste, il y a des communistes bien sûr, mais, enfin, ils ne sont plus ce qu'ils étaient en 1981 ».

Face à la finance, a-t-il ajouté, « il n'y a pas de raison de créer des peurs inutiles, mais il n'y a pas de raison non plus d'avoir une faiblesse ». A droite, le ministre Henri de Raincourt ironise : « Cela s'appelle un double langage. En janvier, le monde de la finance est le seul véritable adversaire. En février, la gauche a bien fait de libéraliser les marchés et la finance . » Au FN, le porte-parole de Marine Le Pen lance : « Les enthousiastes du Bourget sont prévenus : les mots qui flattaient leurs oreilles n'avaient d'autres buts que de capter leurs suffrages. Seule Marine Le Pen rejette l’ultra-libéralisme. »

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Publié dans HOLLANDE

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