A l'UMP, l'unité est aussi un combat

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Patrick Devedjian regrette publiquement de ne pas voir s'esquisser «le grand projet novateur» qui réponde «aux angoisses de la société». Il prévoit une «élection difficile».

 

Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP avait une consigne claire. Faire du campus d'été du parti présidentiel à Marseille une démonstration d'unité autour de Nicolas Sarkozy, le futur candidat président. Un anti-La Rochelle contrastant avec, dit-il, «la violence démentielle» de l'université d'été du PS, la semaine dernière.

D'entrée de jeu, la formidable unité promise s'est révélée bien plus difficile à La Rochelle, où après une première journée quelque peu agitée, les leaders socialistes candidats aux primaires s'étaient plutôt comportés en façade comme de bons camarades. Le top départ tonitruant du campus de Marseille a été donné, sur son blog, par Jean-Pierre Raffarin très mécontent que Nicolas Sarkozy l'ait traité jeudi d'irresponsable à cause de son opposition à l'augmentation de la TVA sur les parcs à thèmes, comme le Futuroscope qui lui est très cher.

En attendant une «clarification» du chef de l'Etat face à cette attaque «brutale» l'ancien Premier ministre et vice-président de l'UMP, a décidé de se «mettre en congé» des petits-déjeuners hebdomadaires de la majorité autour de Nicolas Sarkozy. De quoi casser l'ambiance. D'autant que ces derniers jours des groupes de députés se sont diversement attaqués aux premières orientations du futur programme présidentiel dont la rédaction est confiée au ministre de l'Agriculture, Bruno Lemaire. La «droite populaire» ne veut pas d'une fiscalisation des allocations familiales, au nom des fondements d'une politique familiale assurant un électorat conséquent à la majorité.

D'autres râlent contre une réforme de l'indemnité chômage qui pénaliserait les cadres supérieurs. Et, cerise sur le gâteau, Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, bastion de la Sarkozie, regrette publiquement de ne pas voir s'esquisser «le grand projet novateur» qui réponde «aux angoisses de la société».

Il prévoit une «élection difficile» car «on ne gagne ni sur un bilan» de crise, «ni sur la politique internationale» où Nicolas Sarkozy s'emploie à densifier sa stature d'homme d'état après le succès de son initiative libyenne. Ces doutes au sein de la majorité tranchent avec l'enthousiasme de la campagne de 2007 révélant des craintes croissantes que Nicolas Sarkozy ne l'emmène à la défaite. Et surtout que Sarkozy joue cette présidentielle «perso», via une campagne très brève, autour de deux ou trois axes majeurs ; sans tenir aucun compte de l'avis de ses troupes.

Et en croyant dur comme fer que par très gros temps de crise, les Français ne prendront pas le risque de changer de capitaine.

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Publié dans Politique

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