Vous allez payer l'amende de corrompus en liberté. Normal ?

Publié le par DA Estérel 83

Rue89

 

 

Une affaire de corruption massive, avec deux morts  suspectes (par défenestration), et tous les coupables en liberté… L'affaire des frégates de Taïwan, jamais élucidée, pollue le paysage politico-financier depuis des années, mais vous savez quoi ? C'est vous qui allez payer pour les corrupteurs et les corrompus.

Eh oui, jeudi, en appel, l'amende de 630 millions d'euros a été confirmée. Elle devra être payée à l'Etat de Taïwan par la société Thalès, mais surtout par l'Etat français. C'est à dire par le contribuable, qui paiera les deux tiers de la somme. Etant donné l'importance de celle-ci, un amendement à la loi de finance rectificative est prévu  pour la faire supporter au budget…

 

Cette amende doit être payée, la question n'est pas là. Il y a eu corruption dans un pays étranger, impliquant des responsables français, et il est parfaitement légitime que la justice sanctionne la France. Mais ce qui est hallucinant, c'est que ceux qui en 1991 se sont arrosés sur ce contrat continuent à avoir la belle vie.

La justice n'a pas pu faire son travail pour découvrir ces heureux bénéficiaires de la corruption : on lui a opposé le secret-défense. Une enquête avait été ouverte en 2001, elle s'est terminée par un non-lieu.

Les juges Xavière Simeoni et Renaud Van Ruymbeke n'ont pas pu avancer : que ce soit sous les gouvernements de gauche et de droite, le même secret-défense leur a été opposé. Impossible de mettre la main sur la liste de ceux que les frégates ont gâtés.

A Fillon de lever le secret-défense

Ces derniers sont libres et probablement puissants. L'amende qui tombe sur les citoyens ne fait l'objet d'aucune réaction politique. A par quelques exceptions, personne, à gauche comme à droite, ne semble s'offusquer de la situation.

Le Premier ministre François Fillon s'est borné à critiquer la « lourde décision » prise sous Mitterrand de verser ces commissions. Il pourrait faire bien mieux : lever le secret-défense, permettre de faire enfin la lumière sur ce scandale d'Etat, l'un des plus gros qui aient éclaboussé la Ve République.

Publié dans Affaires

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