Verts: participation sans soutien

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Une absence remarquée, celle de leur ancienne patronne Cécile Duflot opportunément partie potasser «ses dossiers» de ministre du Logement, un vote sans ambiguïté contre l'adoption du «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance» européenne (TSCG), un énième faux départ de Daniel Cohn-Bendit qui se met «en parenthèse» d'un mouvement dont il dénonce la «dérive gauchiste», et, au final des interrogations légitimes sur la pertinence de la présence de deux ministres écologistes au gouvernement.

Les écolos d'EELV ont réussi ce week-end le tour de force d'inventer un concept politique inédit, celui de la participation sans soutien à la majorité. La surprise ne vient pas tant de la large majorité (70%) qui s'est dégagée au Conseil fédéral d'EELV pour rejeter un traité que le gouvernement soumettra au Parlement début octobre. Comme le Front de Gauche, les Verts ne cessent d'affirmer que le volet croissance arraché par François Hollande est loin du compte pour accepter de voter un traité entérinant une «cure d'austérité» durable de nature à torpiller la«transition écologique» au coeur de leur programme. Ce qui étonne le plus dans la prise de position des Verts, c'est le camouflet adressé sans états d'âmes à l'exécutif et singulièrement à Jean-Marc Ayrault qui se démène pour obtenir au Parlement un «vote massif» en faveur du TSCG malgré les oppositions de principe de nombre de parlementaires de l'aile gauche du PS représentée au gouvernement par Benoît Hamon.

Comment justifier, sinon par «l'incohérence» dénoncée par Cohn-Bendit, le fait que les Verts passent par pertes et profit la solidarité gouvernementale ô combien nécessaire alors que François Hollande traverse un sérieux coup de froid dans les sondages de popularité? L'explication selon laquelle le traité sera inéluctablement voté avec le soutien attendu de l'opposition est aussi courte que l'éloge de la«diversité» gouvernementale du sénateur Vert Jean-Vincent Placé.

Sauvés de la bérézina législative par leur accord avec le PS après la performance calamiteuse d'Eva Joly à la présidentielle, les Verts veulent être à la fois dans le gouvernement et en dehors à l'image d'une Cécile Duflot peu encline à abandonner son maroquin et mutique comme jamais sur le TSCG. Les écologistes font le pari que François Hollande ne peut pas s'offrir une crise gouvernementale si tôt dans son quinquennat et sur une question sensible qui divise jusqu'au sein du PS. Conjoncturellement, ils n'ont pas forcément tort. Sauf qu'à trop tirer sur la corde...

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