Valls déplore des fautes et des erreurs dans l'affaire Merah

Publié le par DA Estérel 83

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Des membres du RAID et de la police après l'assaut contre Mohamed Merah.

 

Manuel Valls a déploré, vendredi 14 septembre, les "erreurs" et les "fautes" commises dans l'affaire Merah, jugeant que le travail des services de renseignement devait être amélioré. Le ministre de l'intérieur a confirmé que Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars à Toulouse et à Montauban, "n'était pas un loup solitaire", contrairement aux propos de responsables policiers sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

 

"Il y a eu échec, mais la justice est saisie, une enquêteapprofondie est menée par l'IGPN", l'Inspection générale de la police nationale, la "police des polices", a dit le ministre lors d'un déplacement à Lyon. "Mais la question est : pourquoi n'a-t-il pas été sous surveillance après son retour ?" de plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Afghanistan, a-t-il ajouté.


AMÉLIORER LE RENSEIGNEMENT

"Une réflexion interne a été confiée à un inspecteur général et à un contrôleur général pour tirer les conclusions organisationnelles et opérationnelles dans le cadre du renseignement intérieur", a ajouté un conseiller du ministre. Le rapport de ces deux fonctionnaires, qui appartiennent tous les deux à l'Inspection générale de la police nationale, sera remis au ministre à la fin de septembre, l'objectif étant notamment"d'améliorer le renseignement sur les groupes radicaux proches des djihadistes", selon la même source.

Des documents déclassifiés par Manuel Valls ont montré que les services du renseignement n'ignoraient rien des voyages de Mohamed Merah en Afghanistan et au Pakistan, et qu'il était alors considéré comme une "menace directe". Un rapport détaillait notamment sa proximité avec à la fois son frère Abdelkader, mis en examen pour complicité dans l'affaire de Toulouse, et des islamistes radicaux condamnés en 2009 pouravoir développé une filière de candidats au djihad.

Un premier rapport interne sur les dysfonctionnements dans le cadre de l'affaire Merah sera rendu à la fin de septembre au ministre de l'intérieur.

"FAIRE PREUVE D'UNE GRANDE VIGILANCE"

Entendu à Toulouse par un agent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le jeune homme, qui avait sillonné une demi-douzaine de pays, avait expliqué avoir fait du tourisme. "Aujourd'hui, nous devons faire preuve d'une grande vigilance. Il y a des inquiétudes liées au contexte actuel, avec la Syrie, le Sahel, qui alimentent tout cela", a dit M. Valls.

"Mais la plus grande inquiétude est ce qui se passe dans nos quartiers : les trafics, la radicalisation, les jeunes Français qui partent s'entraîner à l'étranger. Il y a suffisamment de départs pour qu'on soit attentifs", a-t-il ajouté. Manuel Valls a estimé qu'il y avait aujourd'hui "un travail de renseignement qui doit être amélioré".

"On suit ce qui se passe dans les lieux de culte, on suit les individus et il faudra procéder à des expulsions. Ce travail est fait. Les expulsions d'imams aux discours radicaux doivent être poursuivies", a dit M. Valls. "Merah, on voit comment il a pu construire quelque chose. Il y a des individus hybrides, reliés à Internet, pas des loups solitaires. Merah, ce n'était pas un loup solitaire."

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