Valérie Trierweiler : prenons garde à ne pas trop aimer la détester.

Publié le par DA Estérel 83

L'Arène nue

 

 

 

Valérie Trierweiler : prenons garde à ne pas trop aimer la détester.

Valérie Trierweiler a fait bien des sottises depuis qu’elle a entrepris de « réformer » la fonction de « première dame ». En fait de réforme, c’est plutôt à un ouragan de maladresses que l’on assiste. De fait, cette fan d’Eleanor Roosevelt semble avoir autant à voir avec le Bigdil que feue son idole avec le New Deal

Est-ce une raison, cependant, pour affubler la « First Lady» de toutes les tares ? 

Sur  la Toile, nombreux sont ceux qui, à droite, sont heureux d’avoir enfin conquis le statut de « geeks d’opposition », cent fois plus confortable que celui de « blogueur d’appareil » ou de « twitto d’accompagnement ». Leur tour est venu de s’autopromouvoir sans effort en tapant comme des sourds sur quelques proies faciles, ainsi que nous le fîmes nous-mêmes sans vergogne lorsqu’il s’agissait de dégommer Sarkozy, de pourfendre Guéant ou de dézinguer Morano

Chose plus étonnante, Valérie Trierweiler semble également susciter l’ire de nombre de partisans de celui dont elle a choisi de compliquer l’existence. Pour les « degauche », en effet, critiquer la compagne présente un avantage : ça dispense de critiquer le Président. Le moment venu, « l’argument Trierweiler », qui épargne tout à la fois le chef de l’Etat et son gouvernement, pourrait s’avérer une excellente excuse en cas d’échec de la politique de François Hollande.  La France se désindustrialise et le « redressement productif » tend à se faire attendre ? C’est de la faute de Trierweiler. Le chômage explose ? C’est de la faute de Trierweiler. Hollande plie face à Merkel ? Encore un coup de Trierweiler…. 

Dès lors, parce qu’elle a pas mal œuvré pour le mériter et parce que c’est à la fois facile et amusant, celle dont  la France entière a découvert l’inélégance jalouse sous le pseudo de @valtrier, en prend parfois pour son grade plus qu’il ne serait souhaitable. 

Dernier ragot en date : la « première matrone » aurait fait virer une commandante de police chargée de sa protection. C’est le site du journal l’Express qui le dit, relayé ad nauseam par nombre d’autres journaux en ligne, et propagé ubi et orbi par des grappes d’internautes furieux. Avec, bien sûr, des commentaires aussi gracieux que : « bon alors, il la plaque quand, Hollande ? ». Comme si nous avions à opter pour le maintien (tapez 1) ou la répudiation (tapez 2) de l’amoureuse présidentielle ! 

En tout cas, « l’info » circule. Peu importe  qu’elle n’ait aucune espèce d’intérêt d’une part, et que le média qui la relaie soit approximatif d’autre part. Ce qui compte, c’est que ça buzz.Pourtant, si l’on se penche avec attention sur le texte de l’Express, on est perplexe. 

Le site de l’hebdo nous indique: « le 1er avril, lors de son déplacement à La Réunion, François Hollande fait une halte dans le cimetière des esclaves, à Saint-Louis. Le candidat à l'Elysée dit quelques mots. Sa compagne l'écoute (…) une commissaire de police du SPHP [1] (Service de protection des hautes personnalités) se tient à son côté. Elle est chargée d'assurer sa protection, le temps de la campagne. Un brin zélée, la fonctionnaire a sorti une ombrelle et la tient au-dessus de Valérie Trierweiler pour la protéger du soleil ». 

Pour être zélée, elle est zélée, la commissaire  ! Les commissaires de police appartiennent au corps de conception de  la Police nationale, dont ils sont des administrateurs de haut niveau. En général, on les trouve surtout dans des bureaux, où ils croulent sous une demi-tonne de paperasserie au contenu abscons. Il est plus inhabituel qu’ils jouent les dames de compagnies déployant ombrelles et parasols au dessus de la tête de quiconque. Si la commissaire dont on parle ici a vraiment fait cela, il n’était que temps qu’elle soit mutée. Puisse-t-elle trouver dans son nouveau poste matière à exploiter plus utilement ses véritables compétences. 

Plus loin, l’Express poursuit : «  la commandante n'arrivera pourtant pas à nouer un lien de confiance avec la future première dame. Le 29 avril, elle se fait sévèrement réprimander par la compagne de François Hollande ». Là, on comprend de moins en moins. Elle est ubiquiste, la commandante ? Comment peut-on être à la fois « commissaire » et « commandante » ? Un commandant, dans  la Police, c’est un officier ayant atteint le grade terminal de ce qu’on appelait autrefois les « inspecteurs », corps différent de celui… des commissaires. 

« Hasard ou coïncidence », termine l’hebdo, « cette policière ne fait plus partie des effectifs chargés de la sécurité du couple présidentiel. Elle est la seule de tous les gardes du corps ayant officié pendant la campagne autour du socialiste à n'avoir pas été intégrée au Groupe de sécurité de la présidence de  la République (GSPR) ». 

C’est vrai ça ! Hasard ou coïncidence ? Sur des sujets majeurs comme celui-ci, il faut tout de même savoir poser les vraies questions ! Qu’est-ce qui nous dit, par exemple, que ce n’est pas encore un complot de  la CIA ? Quid des Illuminés de Bavière ? Est-on sûr qu’ils ne sont pas derrière tout ça ? 

Plus sérieusement, n’avons-nous pas eu notre dose de Valérie Trierweiler après la fameuse « affaire » du tweet de soutien à Olivier Falorni ? N’avons-nous pas clamé que, n’étant élue ni d’Eve ni d’Adam elle n’avait pas à se mêler de politique ? Que nous n’avions pas voté pour un couple mais pour un homme, et que souhaitions que sa vie privée demeure…privée ? 

Et si on envisageait - chiche - la ligne de conduite suivante : on fiche la paix à la girlfriend-in-chief, et on exige en échange qu’elle nous la fiche aussi, à partir de ce jour, et pour l’intégralité des cinq années à venir ? 
 

[1] Et non du SHPH, n’en déplaise à l’Express et à tous ceux qui l’on recopié. 
 

Publié dans Billet

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