Tron: une démission indispensable

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Avant de quitter le gouvernement, Georges Tron avait eu deux affirmations fortes. La première concernait les accusations de harcèlement, voire d'agression sexuelle, émanant d'anciennes collaboratrices de sa mairie de Draveil. Georges Tron y assurait qu'il n'aurait «aucun mal» à prouver son innocence dans une affaire qu'il estime avoir été montée de toutes pièces par ses ennemis politiques, et notamment ceux du Front National, dans le sillage du scandale Strauss-Kahn. La seconde répondait aux interrogations sur son maintien au gouvernement dont il ne souhaitait pas partir, sauf si Nicolas Sarkozy ou François Fillon lui demandaient expressément de démissionner. La réponse à cette dernière question a été rapide.

Avant même d'avoir été entendu par la justice, le secrétaire d'État à la Fonction publique a été prié de débarrasser le plancher. Question d'urgence. Car s'il est comme DSK «présumé innocent», Georges Tron risque aussi d'avoir plus de mal qu'il ne l'assure à faire litière des accusations liées à son goût reconnu pour la médecine douce de la réflexologie plantaire dont il est un zélé prosélyte. Sauf retrait surprise des plaintes, l'instruction de son affaire sera longue et polémique. Et ce sera parole contre parole.

Dans ce contexte, Georges Tron ne pouvait rester le ministre de tutelle de fonctionnaires qui ne manqueront pas d'être entendus par les enquêteurs. Inéluctable pour le bien de l'enquête, la démission de Georges Tron était aussi politiquement indispensable. Nicolas Sarkozy voulait croire qu'avec le «désastre» DSK, les socialistes avaient définitivement perdu «la bataille de la morale» dans la perspective de la prochaine présidentielle. Un argument repris encore ce week-end par François Fillon... et qu'il va falloir abandonner au risque de le voir revenir comme un boomerang.

Le limogeage express de Georges Tron vise à déconnecter de la majorité un sous-ministre «présumé innocent» mais déjà devenu infréquentable. Dans la même épure, le PS s'évertue à démontrer que l'affaire DSK n'a aucune incidence sur une vie politique dont l'ancien patron du FMI se serait lui-même exclu. Une manière commune de tenter de gommer tout soupçon de connivence, d'indulgence et de complaisance à l'égard de responsables politiques qui auraient tendance à confondre pouvoir et droit de cuissage. La démarche est légitime qui vise à circonscrire au domaine judiciaire deux affaires non représentatives de l'immense majorité des élus.

Sauf que les dossiers DSK et Tron s'assimilent déjà à des boules puantes risquant d'empoisonner durablement l'atmosphère de la campagne électorale pour les échéances de 2012.

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