Transports : le scandaleux héritage de «Fillon la rigueur»

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2

 

 

Le nouveau ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, hérite d'un budget empoisonné. Le gouvernement va devoir réévaluer tous les financements... et procéder à des arbitrages drastiques.


(Frédéric Cuvillier, ministre des transports, août 2012 - LAURENT ETIENNE/SIPA)
(Frédéric Cuvillier, ministre des transports, août 2012 - LAURENT ETIENNE/SIPA)
Frédéric Cuvillier, le nouveau ministre des Transports du gouvernement Ayrault, a beau afficher une carrure de rugbyman et n'être pas un perdreau de l'année en politique, il n'encaisse pas le budget empoisonné que lui a laissé, en héritage, le gouvernement Fillon. 

A savoir : plus de 245 milliards d'euros d'investissements annoncés (hors Grand Paris), des dizaines de partenariats publics-privés signés à la volée en 2011, quelques mois avant la présidentielle... financés par seulement 2 petits milliards annuels de rentrées ! 

«Vous rendez-vous compte, ironisait, avec dépit, il y a quelques jours, le maire de Boulogne-sur-Mer, à ce rythme, il va me falloir cent vingt ans pour tenir ces engagements !» 

Conséquence de cette incurie, le gouvernement Ayrault va devoir imposer des arbitrages radicaux. Tous les programmes d'extension de lignes TGV – Marseille-Nice et Bordeaux-Hendaye notamment – vont être réévalués à l'aune de leur utilité sociale, et non plus, comme autrefois, en fonction du poids politique de l'élu qui les défend.

PROJETS NON FINANCÉS

Afin de favoriser économies et synergies, les deux frères ennemis du rail, la SNCF et RFF – en charge de l'exploitation d'un réseau dégradé –, vont enfin être réunis dans un holding. Et un nouveau sauvetage du fret ferroviaire, à l'agonie, sera tenté. En revanche, si 2 milliards de financement manquants ne sont pas dégagés, le canal Seine-Nord, vaste corridor fluvial qui doit relier les bassins de la Seine et de l'Escaut, risque d'être suspendu. Au grand dam des collectivités qui ont déjà investi dans l'aménagement de ses berges afin d'inciter des entreprises de conditionnement à s'y installer. 

Afin de desserrer cet étau budgétaire, le gouvernement Ayrault va donc devoir puiser dans les poches profondes des sociétés d'autoroutes, qui dégagent 1,2 milliard d'euros de bénéfice annuel depuis qu'elles ont acquis, à prix bradés, ces équipements publics. Une première taxe de 150 à 200 millions d'euros leur sera imposée cet automne. Avec une clause de revoyure en 2013...

Publié dans Gouvernement

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