Têtes de gondoles présidentielles

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

La campagne pour la présidentielle de 2012 entre dans le vif du sujet. Ce week-end, entre La Rochelle et Paris, Europe-Ecologie-Les Verts et le Parti communiste se sont mis en ordre de bataille. Deux formations qui n'ont pratiquement aucune chance de voir leurs candidats accéder à l'Elysée, mais qui, au-delà de différences réelles, recèlent quelques points communs.

Le premier est l'objectif d'éviter la déculottée monumentale essuyée par leurs champions respectifs en 2007, l'ancienne ministre de l'environnement Dominique Voynet et la secrétaire générale du PCF Marie-George Buffet qui n'avaient pas atteint 2 % des suffrages.

Le second est d'utiliser au mieux un premier tour perdu d'avance pour négocier les reports de voix du second contre le maximum de circonscriptions gagnantes lors des législatives suivant immédiatement la présidentielle. CQFD: l'impératif pour les deux formations est de dénicher le candidat idoine pour faire le plein des voix à la présidentielle, passage obligé afin d'exister politiquement pendant la prochaine législature.

Ecolos et communistes se sont certes attachés à soigner l'emballage: vote de motions, militants appelés à la rescousse pour l'organisation de « primaires » en bonne et due forme, politique «participative» affichée à outrance. Mais il n'est que de considérer les profils de leurs champions respectifs pour comprendre que derrière l'affichage hyperdémocratique, se niche une realpolitik très en phase avec la politique-spectacle.

En finale chez les écolos, Nicolas Hulot et Eva Joly partagent des états de services militants squelettiques et une surface médiatique appréciable. Et leurs premières passes d'armes de La Rochelle sur la meilleure compatibilité de l'un ou l'autre avec les «valeurs de gauche» laissent quelque peu songeur, lorsque l'on sait qu'Eva Joly a rejoint Europe Ecologie en 2008 après avoir été très tentée par le MoDem de François Bayrou.

Pour la première fois depuis 1974, les communistes ont pratiquement choisi un champion hors de leurs rangs, Jean-Luc Mélenchon, un ancien mitterrandiste zélé en rupture de PS. Et qui, comme les deux premiers, présente l'avantage de prendre formidablement la lumière médiatique.

Pour prétendre à la tête de gondole présidentielle écolo ou communiste, il faut surtout être «vu à la télé». Le choix est certes pragmatique, mais en quoi peut-il correspondre à la politique «autrement» que ces deux formations estampillées progressistes promettent sans désemparer ?

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