SFR et Bouygues vont supprimer des postes en accusant Free

Publié le par DA Estérel 83

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Selon SFR et Bouygues, l'arrivée de Free Mobile avec ses tarifs fracassants faisait planer le spectre du chômage au-dessus d'eux. Les deux opérateurs semblent sur le point de mettre leur menace à exécution.

 

Depuis son arrivée, Free Mobile est montré du doigt comme le responsable potentiel de la suppression de milliers d'emplois dans le secteur de la téléphonie mobile. En réponse aux offres low cost du quatrième entrant, les trois opérateurs historiques ont dû réagir et proposer à leur tour des tarifs largement revus à la baisse. Conséquence directe : leurs chiffres d'affaires seront lourdement écornés en 2012. Et si Orange a plutôt bien résisté avec son large portefeuille de clients et ses activités diverses, il n'en va pas de même pour SFR et Bouygues Telecom.

Plans de départs volontaires en vue

Pour ce dernier, le bénéfice net sur les trois premiers mois de 2012 s'est établi à 59 millions d'euros et le chiffre d'affaires n'est pour le moment en recul que de 3 %. L'opérateur prévoit une baisse des ventes de l'ordre de 10 % et un plan de 300 millions d'euros d'économie a été lancé récemment. Malheureusement, l'effort ne semble pas suffisant pour pallier la baisse du chiffre d'affaires estimée entre 15 à 20 % pour l'année 2012. L'opérateur, réuni aujourd'hui, mardi 3 juillet 2012, en comité central d'entreprise, devrait, selon nos confrères des Echos, annoncer « un plan de départs volontaires concernant plusieurs centaines de salariés ».
Au sein de SFR, même son de cloche ! L'opérateur, qui a perdu 620 000 abonnés au premier trimestre, est également aujourd'hui et demain en comité central d'entreprise pour annoncer sa réorganisation stratégique. Un porte-parole de la direction cité par l'AFP a déjà précisé : « On a présenté une méthode et un calendrier de mise en œuvre : le plan de réorganisation sera lancé en novembre prochain. En même temps, en novembre, on présentera à la négociation aux partenaires sociaux un plan de départs volontaires », sans préciser aucun chiffre...

Free... coupable idéal ?

Les opérateurs semblent avoir savamment orchestré ces annonces. Il y a quelques jours, Thierry Breton, ancien PDG de France Télécom, y allait de sa tribune dans les colonnes duMonde en planifiant pas moins de « 50 000 à 70 000 destructions de postes dans les deux ans ». Aujourd'hui, c'était le tour d'Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, dans Les Echos :« [...] tous les acteurs des télécoms sont frappés : les opérateurs, mais aussi sous-traitants et distributeurs, puisque le modèle Free d'abonnement sans téléphone ne peut que mettre en difficulté les réseaux indépendants de boutiques ».
Free Mobile a bon dos et devient le coupable idéal pour officialiser des coupes franches dans les emplois du secteur de la téléphonie mobile. Sauf que tout le monde n'est pas de cet avis, y compris parmi les professionnels du secteur. Plusieurs responsables syndicaux CFDT et FO que nous avons contactés ont un avis plus pondéré sur la question : s'ils ne minimisent pas l'impact de l'arrivée de Free sur l'emploi, tous s'accordent à dire que les « employeurs de second rang »– notamment les centres d'appels – n'ont pas attendu l'arrivée du quatrième opérateur pour réduire les coûts, tailler dans les effectifs ou même délocaliser.
Et par ailleurs, comme le soulignait Xavier Niel dans Les Echos du 22 juin dernier, la réduction du montant de la facture de l'abonné peut, certes, dans un premier temps, générer des suppressions d'emplois. Mais, à plus long terme, cette augmentation du pouvoir d'achat du consommateur sera tôt ou tard réinvestie dans un autre pan de l'économie, générant à son tour de nouvelles créations d'emplois.

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