Sécurité routière: quand UMP et droite populaire deviennent laxistes

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-copie-1

 

 

De nombreux députés UMP s’opposent à la fin de la signalisation des radars. Notamment au sein de la droite populaire, d’habitude plus prompte à demander des mesures sécuritaires.



L’insécurité existe aussi sur les routes. En avril, 355 personnes sont mortes d’un accident de la route, 19,9% de plus qu’en avril 2010. Face à cela, le gouvernement a proposé des mesures chocs : les excès de vitesse de plus de 50 km/h seront des délits et non des contraventions dès la première infraction, un taux d’alcoolémie supérieure à 8g vaudra un retrait de 8 points au lieu de six. Et deux mesures phares : l’interdiction des avertisseurs de radars et notamment la fin des panneaux signalant ces même radars automatiques, chose à laquelle était opposé Nicolas Sarkozy en 2007.  

Bizarrement, cette offensive sécuritaire passe mal à droite. Comme si la protection qu’offre la loi aux plus faibles devenait caduque dès qu’il s’agit de voiture. Comme si le tout-répressif devenait une abomination quand il s’agit d’envoyer en prison un potentiel électeur.

ANGÉLISME

Et les plus vindicatifs contre le gouvernement sont les députés de la Droite populaire, d’habitude les plus prompts à alourdir le Code pénal à chaque faits divers. A croire que dans leurs circonscriptions, il n’y a que des conducteurs modèles. On pourrait presque les accuser d’angélisme. « Les Français en ont assez d'un système de sanction automatique, impersonnel voire sadique », a pesté Jacques MyardChristian Vanneste a également protesté : « C'est bien de vouloir sauver des vies, mais il y a un manque de pédagogie. Ce que comprennent les gens, c'est qu'il y aura plus d'amendes et pour eux, c'est d'abord du racket ». 

Toujours au sein de la Droite populaire, Lionnel Luca a dénoncé « l'arrogance » du gouvernement, qui, « en jouant le rôle de l'exécutif courageux contre des parlementaires soucieux de leur électorat, prend un risque. (...) Sur le budget, la fiscalité, la dépendance, l'exécutif a encore besoin d'une majorité ». Pour Richard Maillé, « On tape sur les gens, on les infantilise. Le risque zéro n'existe pas, mais ce n'est pas forcément la vitesse qui est en cause. Il y a un problème de formation et d'information évident ». En réunion de groupe mardi, dans une ambiance très houleuse pour François Fillon, Jean-Marc Roubaud a demandé de «suspendre » ces mesures sans quoi il se « suspendrait du groupe » UMP.

SÉCURITÉ ÉLECTORALE

Pour calmer le jeu, Christian Jacob a lancé un comité de liaison entre le ministère de l’Intérieur et le groupe UMP présidé par Marc Le Fur et Jean-Marc Roubaud. Le gouvernement tente aussi de calmer la fronde. Mercredi, Claude Guéant a rencontré des députés UMP, sans succès. « Il s'agit d'une réunion de dupes, dont le seul objectif était de calmer des parlementaires en colère, c'est raté », a commenté Yves Albarello, de la Droite Populaire.

Mais, jeudi, Nicolas Sarkozy s’est montré ferme : « Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur les routes à la hausse. Je ne céderai pas sur cet objectif ». Il aura pourtant besoin d’un vote de sa majorité pour faire passer l’interdiction des avertisseurs de radars et la qualification des excès de vitesse de plus de 50 km/h en délit. 

Les débats à l’Assemblée s’annoncent donc passionnants avec cette droite dure prête à dénoncer le « tout-répressif » préférant le dialogue et la pédagogie. Le contraire de ce qu’elle propose pour les autres délinquants. Certes, un homicide involontaire n’est pas un meurtre mais dans tous les cas, il y a une violation de la loi qui est censée protéger les plus faibles, défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers. A croire que ce n'est pas la sécurité de leurs concitoyens qui préoccupent le plus les députés de la Droite populaire mais leur propre sécurité électorale.

Publié dans Société

Commenter cet article