Schäuble sermonne la réforme des retraites en France

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos

 

 

Le ministre allemand des Finances estime que la décision de François Hollande est en porte-à-faux avec la nécessité « d'adapter nos systèmes de protection sociale à l'évolution démographique ».

Reuters
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Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a critiqué mercredi dans un entretien au quotidien italien La Stampa la décision du gouvernement français de permettre à certains salariés de continuer à partir à la retraite à 60 ans.

« En Europe, nous avons décidé d'adapter nos systèmes de protection sociale à l'évolution démographique. Nos sociétés vieillissent toutes. Mais la décision du président (français François) Hollande d'abaisser l'âge de la retraite ne correspond pas à cette décision », déclare le ministre allemand dans cet entretien.

« Le gouvernement allemand et l'Allemagne sont disposés à plus de solidarité » mais « la solidarité des autres -et même des Grecs -commence avec le respect de ses propres engagements », insiste-t-il.

Le dispositif du nouveau gouvernement français prévoit que les personnes ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant entre 41 et 41,5 ans de cotisations pourront cesser de travailler à 60 ans, sans attendre les 62 ans prévus par la réforme du précédent président Nicolas Sarkozy.

M. Schäuble assure que l'Allemagne fera « de son mieux pour collaborer avec le président Hollande » et compte sur Rome pour jouer les médiateurs.

« Notre espoir est que (le chef du gouvernement italien Mario) Monti puisse convaincre Hollande de la nécessité d'un renforcement de l'intégration » européenne, souligne-t-il.

Situation italienne

L'Italie ne sera pas en 'danger' si elle poursuit la politique de rigueur et de réformes structurelles entamée par le gouvernement de Mario Monti, juge par ailleurs Wolfgang Schäuble.

'Si l'Italie poursuit sur le chemin dans lequel elle s'est engagée avec Monti, il n'y aura pas de dangers', assure M. Schäuble dans cet entretien, alors que la péninsule est revenue dans la ligne de mire des marchés qui craignent qu'elle ne soit le prochain domino de la zone euro à tomber, à présent que l'Espagne a accepté une aide pour ses banques.

'Avec le gouvernement Monti, l'Italie a fait des progrès énormes. Cela est reconnu partout en Europe et sur les marchés', estime le ministre allemand.

M. Schäuble indique toutefois 'espérer que les forces politiques au sein du Parlement italien et l'opinion publique continuent à le soutenir avec vigueur car le chemin d'un retour à une croissance soutenable à travers des réformes structurelles, un amélioration de la compétitivité et une réduction du déficit est la bonne'.

Mario Monti a assuré mardi soir dans une interview à la radio publique allemande ARD que l'Italie 'même à l'avenir, n'aura pas besoin de l'aide du Fonds de soutien de la zone euro (FESF)'.

L'ancien commissaire européen a demandé aux marchés et aux observateurs de 'ne pas être gouvernés par des clichés ou des préjugés'.

L'Italie, qui avait réussi à regagner quelque peu la confiance en début d'année grâce aux mesures de rigueur et aux réformes du gouvernement Monti, est revenue depuis lundi dans la ligne de mire des marchés. Ses taux à dix ans sont repassés au-dessus de la barre symbolique des 6% tandis que ses banques sont sous pression en Bourse, signes d'un retour de la méfiance des investisseurs.

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