Sarkodépendance à tous les étages

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Depuis le 7 mai dernier au matin, lendemain de sa défaite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a disparu des écrans radars de la vie publique. Physiquement du moins. Son ombre continue pourtant de planer sur la politique nationale. Il fut tellement présent dans le quotidien des Français, tellement hyperactif et hyperprésident durant ses cinq années de mandat que le pays semble en état de manque. Vite une ligne de frénésie, vite une piqûre d'illusion et une grosse dose de pouvoir d'achat en prime, tout de suite !

Comment interpréter autrement ces sondages - encore des sondages ! - selon lesquels les Français s'impatienteraient déjà de ne pas voir les effets de la politique promise par François Hollande ? La gauche rose et verte est au pouvoir depuis 112 jours. Il n'est pas interdit de se donner un peu de temps pour lui adresser les reproches qu'elle ne manquera pas d'encourir. 

La présidence «normale» revendiquée et appliquée par François Hollande, dans l'esprit de la Ve République, impose assurément à Jean-Marc Ayrault, son Premier ministre, de ne pas calquer son fonctionnement sur celui de François Fillon. Ce sont plutôt les bottes d'un Juppé (de gauche) qu'il doit chausser pour imprimer fortement et le plus vite possible - soit le temps de la prochaine session parlementaire - la marque de sa politique. 

Le devoir d'exigence critique des observateurs et sondeurs de tous poils a néanmoins l'ardente obligation de s'extraire de l'insupportable emprise du «temps réel», ce curieux concept qui laisse croire que la patience et la distance seraient un temps irréel.

L'empreinte de Nicolas Sarkozy a également marqué hier l'annonce (prévue) de la candidature de Jean-François Copé à la présidence de l'UMP. Il n'a pas eu de mots assez élogieux pour vanter l'action de l'ancien Président. 

C'est étrange cette façon de parer de toutes les vertus l'un des deux seuls présidents de la Ve - avec Giscard -, qui n'a pas pu passer les portes d'un second mandat. À moins que ce ne soit tout simplement un bon vieux calcul cynique: les militants de l'UMP ont, et c'est logique, les yeux de Chimène pour «Nicolas». 

Ce sont eux qui vont voter pour désigner leur président en novembre. La dépendance de Copé au sarkozysme guérira vite s'il gagne son combat contre Fillon. Dans la perspective des primaires à la présidentielle de 2017, il aura tout loisir de détruire l'icône si par hasard elle manifestait la volonté de revenir au premier plan. Rien de bien de neuf sous le ciel des «amitiés» en politique. Celles-là détruisent tout autant que les promesses non tenues la confiance du peuple dans le pouvoir.

Publié dans Billet

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