RSA : Martin Hirsch évoque une "entourloupe" du gouvernement

Publié le par DA Estérel 83

NouvelObs

 

 

Martin Hirsch s'est inquiété mercredi 8 juin de l'utilisation des fonds collectés pour le Revenu de solidarité active (RSA). Quelques heures avant d'aller défendre le RSA devant l'UMP, qui cherche à remettre en cause ce dispositif favorisant le retour à l'emploi, il a mis en garde le gouvernement contre toute "entourloupe".

L'ancien Haut commissaire aux solidarités actives, père du dispositif, a déclaré sur France Info que le Fonds national de solidarité active (FNSA), qui finance le RSA, a connu un excédent de 1 milliard d'euros en 2010. Martin Hirsch (qui tient son blog sur le site du Nouvel Observateur) a laissé entendre que cette somme pourrait avoir été utilisée à d'autres fins. "Ça me ferait mal au cœur qu'on utilise l'argent des travailleurs modestes pour alléger l'impôt de solidarité sur la fortune", a-t-il lancé, soupçonnant une manœuvre "machiavélique". Le FNSA est alimenté pour partie par une contribution de 1,1% prélevée sur les revenus du patrimoine.

Baroin répond

Le porte-parole du gouvernement, François Baroin (UMP), lui a répondu à la sortie du Conseil des ministres, rapporte Lemonde.fr. Le ministre a dénoncé des "sottises" et "une contre-vérité qui n'est pas acceptable."

"Si M. Hirsch a une histoire personnelle et a été un acteur majeur de la mise en œuvre de ce RSA, il n'en est pas propriétaire. Cela ne l'autorise pas à dire n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelle circonstance", a-t-il insisté.

Selon le ministre du budget, la taxe va rapporter "1,17 milliard d'euros en 2011, 1,2 milliard en 2012", tandis que les dépenses du FNSA sont "évaluées à 1,8 milliard (d'euros) en 2011 et 1,9 milliard en 2012". François Baroin n'a cependant rien dit concernant l'année 2010. De plus, sa comparaison oublie de prendre en compte l'intégralité des recettes : le FNSA étant également alimenté par une dotation budgétaire de l'Etat, comme le montre le volet "Solidarité, insertion et égalité des chances" du projet de loi de finances.

"On a vu que certains procès d'intention faisaient pschitt", a quant à lui déclaré Jean-François Copé, à l'issue de la réunion, reprenant la célèbre formule de son ancien mentor Jacques Chirac. "Nous sommes les promoteurs du RSA, c'était un engagement du président de la République que nous, députés, nous avons porté comme une innovation sociale majeure", lui a ajouté Jean-François Copé.

"Simplement on a considéré qu'il y avait des choses à améliorer en disant qu'il est normal que ceux qui sont au RSA et qui peuvent le faire puissent avoir une activité de 5 heures par semaine" rémunérées, en contrepartie du bénéfice de cette prestation, a-t-il dit en rappelant une des propositions-phares de la convention UMP.

 

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