Royal l'insubmersible

Publié le par DA Estérel 83

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Une photo vaut mieux qu'un long discours. En s'invitant au déplacement de Nicolas Sarkozy en Charente, c'est aux électeurs de gauche que Ségolène Royal s'est adressée. La poignée de main des deux finalistes de 2007, comme image subliminale de la finale de 2012 que personne aujourd'hui ne prévoit. Comme un message adressé à Martine Aubry et François Hollande, pour leur rappeler qu'elle sait, elle, ce que signifie mener une campagne présidentielle et réunir sur son nom « près de dix-sept millions de voix », l'a-t-elle assez répété.

Sarkozy-Royal : la poignée de main des cabossés des sondages auxquels ils opposent une sérénité affichée, signe de leur ténacité, et donc de leur stature.

Toujours largement distancée par la maire de Lille et le député de la Corrèze, la présidente de Poitou-Charentes n'a rien perdu ni de ses ambitions, ni de son sens tactique, ni d'un rapport très mitterrandien au temps. Elle vit comme une course de fond cette primaire socialiste dans laquelle elle s'est engagée la première sans en toucher encore les bénéfices. L'explosion en plein vol de DSK l'a empêchée de se poser la question d'un ralliement à l'ex-patron du FMI. Depuis, François Hollande était devenu la star des sondages. Mais elle fait le pari qu'il ne se maintiendra pas à ce sommet et qu'à une mode Hollande succédera une mode Aubry, lorsque la première secrétaire se déclarera à son tour, après le 28 juin. C'est entre ces deux moments que Ségolène Royal veut s'immiscer, accéder enfin au podium des trois prétendants capables de remporter la primaire.

Et pour réussir ce pari, la chantre de « l'ordre juste » en 2007 a choisi une fois encore le contre-pied par rapport au discours habituel du PS. Elle dit chiche au député de la Droite populaire Eric Ciotti qui prône un enca-drement militaire pour les délinquants mineurs et récidivistes. Elle approuve l'idée de l'UMP de demander des heures de travaux d'intérêt général aux bénéficiaires du RSA, qualifiée d' « indécence absolue » par Martine Aubry.

Positionnement à droite ? Ses rivaux le diront. En fait, Ségolène Royal a compris que le corps électoral de la primaire dépassera largement les seuls militants PS et que dans les catégories populaires de la gauche, l'attente de fermeté et le refus de l'assistanat étaient aussi forts qu'à droite. Détermination et intuition. Deux armes clefs pour l'outsider du PS.

 

GUILLAUME TABARD, Les Echos

Publié dans S.ROYAL

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viviane 10/06/2011 15:18


Depuis quant joues-t-elle les second rôles ? Mr Mazerolle qui sent le vent tourner le dit bien elle n'est jamais partie, n'a jamais quitté la scène !